Politique

Tchad : Daoud Yaya Brahim, le « Monsieur Sécurité » de Mahamat Idriss Déby Itno

Alors que Mahamat Idriss Déby Itno joue la carte du dialogue avec d’anciens rebelles à N’Djamena, son ministre de la Défense est en première ligne face à ceux qui n’ont pas déposé les armes. Portrait de l’homme de confiance du Conseil militaire de transition.

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Par - Envoyé spécial à N'Djamena
Mis à jour le 30 août 2022 à 19:14

Le général Daoud Yaya Brahim, ministre tchadien de la Défense, à N’Djamena, le 6 mai 2021. © DJIMET WICHE/AFP

Le vent chaud et sec qui souffle en ce mois de juin sur Kouri Bougoudi, dans le Tibesti, impose à tous le port du turban. Lunettes noires, galons en évidence, le général Daoud Yaya Brahim a choisi d’en arborer un de couleur beige assorti à son treillis. Ce 6 juin, dans le camp de fortune parsemé de tentes installé par ses troupes, on le voit donner des consignes, avec force grands gestes. Face à lui, quelques gradés, eux aussi enturbannés, s’exécutent.

La tension se lit sur le visage du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense nationale. Il faut dire qu’un hélicoptère ayant à son bord le président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Déby Itno, est sur le point de se poser dans cette localité située dans l’extrême nord du Tchad, à une dizaine de kilomètres de la frontière libyenne (au nord) et à une centaine du Soudan (à l’est) et du Niger (à l’ouest).

Le danger est toujours présent

La zone est réputée « conflictogène ». Il n’empêche, le nouvel homme fort de N’Djamena a tenu à la visiter, et ce malgré l’opposition de ses services de sécurité. Kouri Bougoudi et sa périphérie ont certes été sécurisés par les soldats de l’armée tchadienne qui s’y sont déployés en mission avancée, mais la situation de la région – et du pays tout entier – demeure précaire. De l’avis des forces de défense elles-mêmes, le danger est toujours présent.