Culture

Le réalisme loufoque du marocain Faouzi Bensaïdi

Mis à jour le 29 août 2013 à 15:25

L’acteur-réalisateur Faouzi Bensaïdi filme les dérives de trois jeunes marocains aux rêves antagonistes, entre amour, argent et religion.

Malik, Allal et Soufiane, trois jeunes Marocains de la ville de Tétouan, dans le Rif, décident d’en finir avec la petite délinquance et, à l’instar des vrais truands qu’ils envient, de devenir au plus vite des barons de la drogue. Pour financer les premiers achats qui leur permettront de se lancer en grand dans le trafic, ils entreprennent de cambrioler une bijouterie. L’assaut, mal préparé, tourne mal : il y a mort d’homme. Ce qui va compromettre l’avenir des trois amis jusque-là inséparables, mais aux croyances désormais antagonistes. Quand l’un cherche le salut chez les islamistes, l’autre le voit dans l’argent et le troisième dans l’amour, fût-il celui inspiré par une prostituée, la vénéneuse Dounia. Tous courent vers l’échec, d’autant qu’ils ont à leurs trousses le commissaire Debbaz, policier aussi flegmatique et désabusé que malin et pervers. Et qui ne lâche jamais une belle affaire criminelle. Film de genre, polar ? Si l’on veut. Mais atypique, mi-réaliste mi-loufoque, qui ne rentre en fin de compte dans aucune case. Car Faouzi Bensaïdi, l’un des meilleurs cinéastes du royaume chérifien, est sans doute celui qui a le style le plus affirmé et le plus original. Il sait filmer comme nul autre la gaucherie des humains, leurs parcours dérisoires, leur potentiel involontairement comique, surtout lorsqu’ils veulent s’en sortir à tout prix et prennent des risques inconsidérés. Comme nos trois paumés manipulés par ce commissaire qu’incarne, acteur hors pair, le réalisateur lui-même. Pour le plus grand plaisir des spectateurs.

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