Politique

Amar Saïdani : le mal-aimé du FLN

Amar Saïdani a été président l'Assemblée populaire nationale de 2004 à 2007. © Samir Sid

À défaut de charisme et de programme, Amar Saïdani, le tout nouveau patron du FLN, le parti algérien au pouvoir, a le soutien de "Monsieur Frère", Saïd Bouteflika...

Chassé de la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN) en 2007, puis élu à la tête du Front de libération nationale (FLN) en 2013… Amar Saïdani, 63 ans, unique prétendant à la succession d’Abdelaziz Belkhadem – destitué en janvier –, a été désigné le 29 août secrétaire général à l’issue d’une réunion éclair du comité central du parti. Déjà critiqué par une partie des membres de l’instance dirigeante du FLN, Saïdani a bénéficié de la bienveillance de l’administration, qui a délivré une autorisation pour la tenue de cette session. Contre l’avis du Conseil d’État, et au grand dam du coordinateur du bureau politique du parti, Abderrahmane Belayat, qui conteste la légitimité de cette élection.

Une place stratégique à la tête du FLN

Exclusivement arabophone, Saïdani a gravi tous les échelons de la politique. Au début des années 1980, il était agent d’une station-service dans la région d’El-Oued (sud-est du pays). En 2004, il a hérité du perchoir de l’hémicycle. Son passage à la tête de l’APN n’a pas laissé de grandes traces… hormis ses bourdes diplomatiques et les accusations de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite sur lesquelles il s’est rarement expliqué. Passablement irrité par ces casseroles, Abdelaziz Bouteflika s’était d’ailleurs chargé de le mettre à l’écart, en 2007, avant de lui interdire de se porter candidat à la députation.

Ancien coordonnateur général des comités de soutien au programme du président, ce père de sept enfants doit paradoxalement son retour en grâce à sa proximité avec… Saïd Bouteflika, le frère et conseiller du chef de l’État. Ce dernier a manoeuvré en coulisses, au cours des dernières semaines, pour le remettre sur orbite. Quitte à aggraver la crise qui mine le vieux parti depuis deux ans. En plaçant cet homme sans charisme et dépourvu de programme politique à la tête du FLN, le clan Bouteflika entend en prendre le contrôle dans la perspective de l’élection présidentielle de 2014. Objectif : peser sur la succession du chef de l’État, malade et diminué, mais qui n’a pas encore tranché sur son avenir au palais d’El-Mouradia.

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