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Algérie : de la prison à la retraite, les trois années qui ont tout changé pour le « Berlusconi kabyle »

PDG du premier groupe privé du pays, à la tête d’une fortune estimée à 3 milliards de dollars, Issad Rebrab a pris sa retraite. Son incarcération en 2019, sa réhabilitation ainsi que sa succession au profit de son fils Malik auront été un long chemin de croix.

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Mis à jour le 31 juillet 2022 à 10:18

Issad Rebrab photographié dans une de ses usines en Allemagne, le 10 avril 2019. © Manuel Braun

Fraîchement retraité, Issad Rebrab, 78 ans, doit souvent repenser à ce mois d’octobre 2015 au cours duquel il a échappé de justesse à la prison d’El Harrach. Alors en voyage au Brésil où il recherche des opportunités d’affaires pour son groupe Cevital, le milliardaire affirme à plusieurs médias algériens qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la part des autorités de son pays.

Les raisons de ses déboires judiciaires ? Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, a demandé à Tracfin, l’organisme du ministère français de l’Économie et des finances chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent, d’enquêter sur l’origine des fonds avec lesquels Cevital a acquis la société française FagorBrandt en 2014. Qualifiant les dirigeants de son pays de «plus grands dangers pour l’Algérie», Issad Rebrab soutient que les blocages qui frappent ses projets économiques viennent du clan présidentiel et des puissants oligarques qui veulent sa ruine.

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Ses ennuis avec la justice sont surtout directement liés à une interview qu’il donne en septembre 2015 et au cours de laquelle il évoque ouvertement les penchants pédophiles présumés d’Ahmed Gaïd Salah, alors puissant vice-ministre de la Défense et chef d’état-major. « Ces gens-là n’ont pas besoin d’un mandat, se justifie Rebrab. Je sais de sources sûres qu’ils vont m’arrêter dès que je rentrerai en Algérie pour me faire taire. » Craignant pour sa sécurité, il décide donc de rester momentanément à l’étranger en attendant de solides garanties. 

Outrecuidance