Politique

Syrie : Bachar et Asma al-Assad au pays des Bisounours

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Asma al-Assad, à gauche, dans un orphelinat de Damas, le 4 août.

Asma al-Assad, à gauche, dans un orphelinat de Damas, le 4 août. © AFP

Pendant que François Hollande et Barack Obama brandissaient la menace d’une intervention en Syrie, Bachar al-Assad, son épouse et leur clan affectaient de rester zen.

Menacé d’une "punition" militaire par une coalition internationale aux contours plus qu’incertains, Bachar al-Assad croit à sa baraka. "Les Occidentaux bluffent !", c’est l’intime conviction du raïs et du petit cercle fermé au sein duquel il choisit ses conseillers, explique Ayman Abdel Nour au New York Times. Ancien condisciple de fac d’Assad, Nour est devenu l’un de ses plus féroces critiques depuis qu’il a créé le site web All4Syria. Ce chrétien syriaque, ex-membre du parti Baas, faisait pourtant partie du club autoproclamé des jeunes réformateurs dont s’était entouré le lionceau au début des années 2000.

Début août, des tirs de mortiers ont échoué à proximité du convoi présidentiel, au moment où Assad quittait son palais pour se rendre à la prière de l’Aïd. De quoi rendre nerveux ses Moukhabarat et autres services de sécurité. Le président, lui, ne "montrait pas de signes visibles d’inquiétude", indique le journaliste français Georges Malbrunot, qui l’a interviewé pour Le Figaro le 2 septembre.

Assad affecte la normalité. Ponctualité exemplaire, hospitalité levantine : il a accueilli le journaliste sous le porche de la maison qui lui sert de bureau, dans les hauts quartiers de Damas, près du palais présidentiel. Tous ceux qui l’ont interviewé récemment le décrivent comme "très calme". Le même flegme qu’affectait déjà son père face aux diatribes d’un Saddam ou aux excentricités d’un Kadhafi. Le style et l’apparence font assurément partie de la guerre des nerfs qui se joue entre Assad et Obama.

Surréalisme : Asma al-Assad au secour du peuple

Sur le site de partage de photos Instagram, la présidence syrienne semble ignorer le conflit qui déchire le pays. Comme si les pertes civiles et les destructions se passaient sur une autre planète. Ouvert fin juillet, le compte Instagram regorge d’images surréalistes occultant la guerre : bain de foule à Damas, tournée des popotes en tenue civile, rencontres avec des dignitaires religieux, visites à des centres de vacances de scouts… Asma, l’épouse de Bachar, reste l’atout charme du régime. On la voit sourire à des enfants, s’agenouiller pour parler à une jeune femme en fauteuil roulant ou servir des repas à des orphelins, un bracelet high-tech au poignet, qui permet de mesurer les mouvements, le sommeil et les repas. Elle fait attention à sa ligne, ça c’est un scoop !

>> Voir le compte Instagram de Bachar al-Assad

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