Politique

Dilma Roussef, la « Madame Propre » du Brésil

Mis à jour le 27 septembre 2013 à 17:24

Encore un ministre indélicat contraint de démissionner ! L’intransigeance de la présidente face à la corruption au sommet de l’État provoque une remontée en flèche de sa popularité.

Un nouveau scandale de corruption secoue le gouvernement de Dilma Rousseff. Baptisée opération Ésope, une enquête de police vient de révéler l’existence au sein du ministère du Travail d’un vaste réseau délictueux responsable du détournement d’environ 400 millions de réals (130 millions d’euros) d’argent public. Grâce aux interventions dûment rémunérées de Paulo Roberto Pinto, le vice-ministre, et de Sérgio Vidigal, le chargé des politiques publiques de l’emploi, le ministère versait des fonds à un organisme privé, l’Institut mondial du développement et de la citoyenneté (IMDC), censé contribuer à la création d’emplois pour les jeunes. Las ! Une partie de ces sommes était détournée vers les comptes bancaires d’individus dont la préoccupation première n’était certes pas l’emploi des jeunes. Plutôt l’achat de bijoux, de drogue et de voitures de luxe.

Le vice-ministre proteste de son innocence, mais a quand même démissionné le 10 septembre, imité par son collègue trois jours plus tard. Vidigal est également soupçonné d’avoir participé à une série de fraudes d’un montant global de 47,5 millions de réals. Et d’avoir détourné des fonds au profit d’une ONG, à l’époque (2008) où il était préfet de Serra, dans l’État d’Espírito Santo.

On aurait pu croire qu’après les manifestations monstres du mois de juin contre le coût exorbitant du Mondial de football (2014) et des Jeux olympiques (2016) la présidente allait pâtir de cette sale affaire – une de plus. Il n’en est rien. Sa fermeté face à la corruption des membres de son gouvernement plaît.

Une opinion publique en amélioration

Six mois après son investiture en janvier 2011, cinq de ses ministres accusés de détournements de fonds avaient déjà été contraints de démissionner. Parmi eux, Orlando Silva, celui des Sports, chargé à ce titre de l’organisation du Mondial. L’année suivante, lors du procès dit du mensalão ("grosses mensualités"), un vaste système d’achat de votes au Parlement entre 2003 et 2005, Rousseff n’avait pas hésité à se démarquer de Luiz Inácio Lula da Silva, son prédécesseur, assurément moins intraitable qu’elle face à de telles dérives.

Après les émeutes du printemps, les Brésiliens n’étaient plus que 31,3 % à approuver leur présidente. Ils sont aujourd’hui 38,1 %. Et les sondages la donnent favorite de la présidentielle qui, l’an prochain, l’opposera à l’Afro-Brésilienne Marina Silva, ancienne ministre de l’Environnement, et à Aécio Neves, du Parti de la social-démocratie brésilienne.