Politique

Aqmi : pourquoi Abou Saïd à la place d’Abou Zeid ?

Aqmi a récemment désigné Abou Saïd el-Djazaïri comme successeur d’Abdelhamid Abou Zeid à la tête de la katiba Tarik Ibn Ziyad. Il aura fallu six mois…

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Mis à jour le 8 octobre 2013 à 16:54

Selon les Algériens, Abou Saïd a piloté le rapt de Français à Arlit, au Niger, en 2011. © ANI

Six mois après l’élimination d’Abdelhamid Abou Zeid, chef de la katiba (brigade) Tarik Ibn Ziyad, par un détachement franco-tchadien dans le massif de Tigharghar, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a fini par désigner son successeur : Abou Saïd el-Djazaïri, un Algérien d’une quarantaine d’années originaire de la région d’Oued Souf qui n’occupait jusqu’ici qu’un poste subalterne (responsable du matériel). Pourquoi un aussi long délai ? Parce que, pour Abdelmalek Droukdel, le chef de l’organisation, cette succession a été un vrai casse-tête.

D’abord parce que l’opération Serval a décapité la katiba : la plupart de ses dirigeants ont été tués en même temps qu’Abou Zeid. Ensuite parce qu’elle a totalement désorganisé les liaisons entre les combattants du Sahel et la maison mère, en Kabylie. Spécialiste des transmissions, Abou Saïd a réussi à rétablir la communication entre les survivants réfugiés aux confins de la Libye et leur hiérarchie. Mais davantage qu’un excellent informaticien, le jihadiste est, à en croire les services algériens, un rude combattant qui a notamment piloté, en septembre 2010, le rapt de Français à Arlit, au Niger. Droukdel a sans doute estimé qu’il était le mieux placé pour négocier leur libération.