Diplomatie

Hassan Rohani, mollah, malin, mollo

Hassan Rohani devant l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 24 septembre. © Seth Wenig/AP/Sipa

Souple et débonnaire, le président iranien Hassan Rohani fait une entrée très remarquée sur la scène internationale.

On le surnomme "mollah modéré" ou "cheikh diplomate". Hassan Rohani, le nouveau président de l’Iran, a été la vedette de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte le 24 septembre à New York. Sa tenue – turban blanc et aba noir des clercs chiites – contrastait avec le costume sombre porté par Mahmoud Ahmadinejad à la même tribune en 2012. Et son discours, conciliant et réaliste, était à mille lieues de celui, provocateur et mystique, de son prédécesseur. "J’apporte la paix et l’amitié des Iraniens aux Américains", a-t-il déclaré de manière totalement inédite, passant du farsi à l’anglais.

Une page est tournée, et l’Iran veut ouvrir un nouveau chapitre de ses relations avec la communauté internationale, a signifié le religieux débonnaire. Depuis son élection en juin, il a multiplié les gestes d’ouverture, faisant libérer Nasrin Sotoudeh, une avocate défenseure des droits de l’homme, présentant ses voeux de bonne année aux Juifs du monde entier à l’occasion de Roch Hachana, condamnant, sur CNN, "les crimes commis [envers eux] par les nazis", souhaitant enfin, dans le Washington Post, que la question du nucléaire soit réglée d’ici à trois mois. Objectif stratégique : obtenir la levée des sanctions "inhumaines et contraires à la paix" imposées à l’Iran par l’Occident.

D’après Benyamin Netanyahou, un discours "hypocrite"

À la tribune de marbre vert, Rohani a voulu convaincre que son pays, "ancre de stabilité" du Moyen-Orient, "ne présente aucune menace, ni pour le monde ni pour la région". Bien sûr, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, qui s’agitait frénétiquement l’an dernier devant le dessin d’une bombe prête à exploser figurant le programme nucléaire iranien, s’est empressé de dénoncer un discours "cynique et totalement hypocrite". Mais son allié, le président américain, a salué ces signes d’ouverture. À New York, beaucoup ont cru que Rohani et Obama se serreraient la main de manière impromptue, mais ce "hasard diplomatique" n’a pas eu lieu. Le mollah réformateur doit en effet ménager les ultraconservateurs du régime qui le verraient d’un bien mauvais oeil tendre réellement la main au "Grand Satan".

>> À lire aussi : Quel avenir pour l’Iran après l’élection de Rohani ?

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