Sport

Algérie : Adel Amrouche, plein Sud

Adel Amrouche est l'actuel sélectionneur du onze kenyan. ici, le 23 mars, à Calabar (Nigeria). © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Ex-joueur professionnel algérien devenu entraîneur du Kenya, Adel Amrouche s'est choisi l'Afrique subsaharienne comme terrain d'expression.

La défaite à Nairobi face au Nigeria le 5 juin et le match nul au Malawi une semaine plus tard ont ruiné les dernières chances du Kenya de participer au Mondial 2014. Son entraîneur, Adel Amrouche, n’ajoutera pas un tampon supplémentaire à un passeport déjà lesté de nombreux visas. Mais la portée de l’échec est relative. "Quand j’ai signé mon contrat en début d’année, explique l’Algérien, la qualification pour le dernier tour était déjà compromise. Je suis là pour un projet, celui de nous qualifier pour la CAN 2015 au Maroc", une compétition qui se refuse aux Harambee Stars depuis 2004. Dans deux ans, à la fin de son contrat, Amrouche tournera peut-être le dos à l’Afrique. L’Asie le tente, mais pas n’importe où. Un exil paisible et lucratif dans un pays du Golfe ne le fait pas (encore) fantasmer. "J’ai besoin de ferveur." L’Afrique, où la frontière entre la passion et l’excès est souvent virtuelle, l’a rassasié.

La rencontre décisive avec Lydia Nsekera

Ancien milieu de terrain, ce natif de Kouba a évolué en Algérie (Belouizdad, El Anasser, USMA et JSK), en Autriche (Favoritner) et en Belgique (La Louvière, Mons, Dender, Lombeek-Liedekerke), où il est resté huit ans. C’est dans le Plat Pays qu’il commence à entraîner des équipes de jeunes, à la Royale Union saint-gilloise, puis au FC Bruxelles. Mais il comprend rapidement que, "pour un Africain, ­coacher un club professionnel en Europe est presque chose impossible. L’axe sud-nord ne fonctionne pas". L’Afrique devient donc son terrain d’expression privilégié. D’abord en RD Congo, en 2002, au DC Motema Pembe, avec lequel il remporte ses premiers titres. Jusqu’à ce que l’envie de retourner en Europe le saisisse, en 2004, juste après un bref passage de deux mois en Guinée équatoriale. "À Malabo, j’ai vite compris que cela ne pourrait pas fonctionner", évacue-t-il, lapidaire.

Son come-back en Europe – en tant que directeur technique de Volyn Lutsk, en Ukraine, puis de Ganclarbirliyi, en Azerbaïdjan -, en 2005, ne dure que quelques mois. Rattrapé par le virus de l’Afrique, il retourne une saison au Motema Pembe (2005-2006), avant de prendre les rênes de la sélection du Burundi (2007-2012), l’un des sans-grade du football africain. "Mais j’ai rencontré Lydia Nsekera, la présidente de la fédération [première femme membre du comité exécutif de la Fifa], se félicite-t-il. Avec elle, on a fait avancer le football burundais, et certains joueurs, qui gagnaient 50 ou 100 dollars par mois, ont pu partir en Europe. C’est l’un de mes plus grands motifs de fierté !"

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