Société

Et il est comment le dernier… Olivier Poivre d’Arvor

Mis à jour le 6 octobre 2013 à 18:54

Olivier Poivre d’Arvor revient sur les difficultés et les préjugés qui vont avec l’adoption, par un homme seul, d’une petite togolaise.

Vous avez toujours tout voulu savoir sur la vie sexuelle d’Olivier Poivre d’Arvor sans jamais oser le demander ? Eh bien vous allez être servis ! L’ancien directeur de Culturesfrance et actuel directeur de la radio France Culture dit tout, ou presque, confirmant les rumeurs plus ou moins bien intentionnées circulant à son propos. Oui, il est un coureur de jupons patenté, tenté par toute beauté jugée consommable, tenté jusqu’à tenter le diable "en tirant l’amour au hasard, dans d’infâmes bordels du Zimbabwe, avec un taux de prévalence du sida d’une fille sur deux". Oui, il est stérile.

Pour autant, Le jour où j’ai rencontré ma fille n’est pas une autofiction érotique célébrant une virilité au garde à vous. Il s’agit plutôt d’une confession défensive, au fond assez pudique, visant à prévenir les réactions prévisibles d’une société dans laquelle on ne badine pas avec l’amour… des enfants. L’explication se trouve en page 127 : "Je ne pouvais m’imaginer alors qu’il faudrait faire la preuve, plus tard devant la société, en France comme au Togo, qu’en adoptant une petite fille de 9 ans, moi célibataire, âgé de cinquante ans, je n’étais en rien ambigu quant au type de rapports que je souhaitais engager avec elle."

Le qu’en-dira-t-on comme les regards en biais semblent ainsi avoir poussé l’ancien diplomate à prendre la plume pour parer aux attaques à venir, mais aussi raconter le chemin de croix que représente l’adoption d’une orpheline togolaise pour un homme seul. La diplomatie, et la langue de bois qu’elle impose, il les a laissées tomber, n’hésitant pas à s’attaquer bille en tête aux services consulaires de la France au Togo – et plus particulièrement à l’obstruction volontaire d’un bureaucrate insensible comme aux remarques maladroites des uns et des autres sur un désir de paternité tourné vers une enfant spécifique, noire de surcroît.

OPDA ayant l’écriture facile et le sens de la formule, son histoire se lit d’une traite et l’on y retrouve ce goût pour l’Afrique qui était une évidence lorsqu’il dirigeait Culturesfrance, devenu l’Institut français. À l’éreintante course d’obstacles qu’est l’adoption internationale, il oppose une déclaration d’amour au Togo, à Lomé, et à la petite fille – Amaal dans le livre – qui est désormais la sienne. Mais sur le père qu’il est, on ne saura rien ou presque. Tout juste peut-on deviner une tendance papa poule assumée…

Le jour où j’ai rencontré
ma fille
, Olivier Poivre
d’Arvor, Grasset,
258 pages, 18 €.