Dossier

Cet article est issu du dossier «Afrique du Nord : l'Internationale berbère»

Voir tout le sommaire
Politique

Afrique du Nord : l’Internationale berbère

| Par
Manifestation de plus de deux cents Berbères, à Rabat, le 3 février.

Manifestation de plus de deux cents Berbères, à Rabat, le 3 février. © FADEL SENNA / AFP

Du Maroc à l’Égypte, en passant par le Mali et le Niger, les Berbères occupent une place à part. Souvent marginalisée par les États, la culture amazigh a survécu. Au prix d’une lutte constante.

Jusqu’à une période récente, l’essentiel de l’"actualité berbère" se déroulait au Maghreb. Du Souss marocain aux contreforts du Djebel Nefoussa, en passant par la frondeuse Kabylie. Revendications identitaires, culturelles ou sociales, lutte contre l’ostracisme : les raisons de la colère de cette communauté historiquement perçue comme un facteur de division à l’époque de la lutte pour l’indépendance, puis comme une menace pour une unité nationale, définie autour des piliers de l’arabité et de l’islam, sont toujours les mêmes. Objets de légendes les plus folles, relatives à leurs origines (Perse, Yémen, Palestine, voire Europe), les Berbères doivent être considérés comme les habitants autochtones du nord de l’Afrique.

Aujourd’hui, leur principal critère d’identification demeure la langue. D’où la préoccupation quasi obsessionnelle de sa reconnaissance officielle et, surtout, de sa perpétuation. Les "hommes libres" ("Imazighen", en berbère) entendent le rester, quitte parfois à confondre leur combat identitaire, louable, avec les exigences sociales – comme lors des événements qui ont secoué la Kabylie en 2001 -, et qui sont, à vrai dire, celles de tout un peuple et non des seuls Berbères. Une attitude qui leur a souvent valu la défiance de leurs compatriotes arabes.

Les Berbères et la guerre au Mali

Aujourd’hui, le front s’est déplacé plus au sud, dans les sables de l’Azawad, en pays touareg, aux confins méridionaux de l’Algérie, entre le Mali et le Niger. Des Berbères toujours marginalisés au sein de leurs nations respectives, et parfois au coeur de leur propre communauté, qui n’hésitèrent jamais à prendre les armes, dès l’aube des indépendances, pour alterner rébellion et accords de paix pendant près de cinquante ans. Ils sont à l’origine – en tout cas le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) -, peut-être à leur corps défendant, du cataclysme qui s’est abattu sur le Mali en 2012. À chaque pays son histoire et ses particularismes. À chaque Berbère ses méthodes de combat. Et quel combat ! Ils n’ont jamais rien obtenu sans lutte. Pour les plus militants d’entre eux, c’est tout simplement une question de survie.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte