Politique

Sénégal : la justice maintient en prison deux figures de l’opposition

La justice sénégalaise a maintenu en détention mercredi deux députés d’opposition et neuf autres personnes poursuivies pour avoir bravé une interdiction de manifester dans un climat de tension préélectorale.

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Mis à jour le 22 juin 2022 à 16:55

Manifestation anti-gouvernementale organisée par des groupes d’opposition suite à la disqualification de certains candidats aux prochaines élections législatives à Dakar, le 17 juin 2022. © ZOHRA BENSEMRA/REUTERS

Le tribunal de Dakar a renvoyé au 27 juin le procès des parlementaires Déthié Fall et Mame Diarra Fame et de neuf autres prévenus. Le juge a expliqué vouloir regrouper ce jour-là leurs dossiers avec ceux de 75 autres personnes appelées à être jugées en relation avec la manifestation interdite du 17 juin.

Les 11 prévenus de mercredi sont donc maintenus en détention, a expliqué à l’AFP un de leurs avocats, Me Bamba Cissé. L’opposition chiffre à 200 le nombre de personnes interpellées à travers le pays en lien avec l’interdiction de manifestation et exige leur libération.

Les tensions vont grandissant au Sénégal depuis que le Conseil constitutionnel a confirmé l’invalidation, le 3 juin, de la liste nationale des titulaires de la coalition Yewwi Askan Wi pour les législatives du 31 juillet. L’opposant Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, ainsi que d’autres figures de l’opposition se sont retrouvés écartés de la course.

Nouvelle manifestation le 29 juin

L’opposition, qui réclame le rétablissement de la liste et a menacé d’empêcher la tenue des élections, avait appelé à manifester le 17 juin. Mais les autorités avaient interdit les rassemblements en invoquant les risques de troubles. Dakar et la Casamance (Sud) ont de fait été le théâtre de heurts qui ont fait trois morts. L’opposition a appelé à une nouvelle manifestation contre le pouvoir le 29 juin.

Ni l’opposition ni les autorités, qui accusent ses adversaires de prêcher l’insurrection, n’ont donné de signe de vouloir transiger, faisant redouter une escalade, malgré différents appels au dialogue de personnalités extérieures. Aminata Tall, membre de la direction du parti présidentiel, s’est singularisée cette semaine en critiquant le rejet de la liste d’opposition. « C’est un recul de la démocratie et personne ne doit l’accepter. Nous devons tous mener le combat pour consolider notre démocratie », a t-elle dit, selon des propos largement repris par la presse.

Avec AFP