Société

Science-fiction : Éric Zemmour pigiste à Jeune Afrique ?

Dans un dessin satirique de son édition en cours, l’hebdomadaire français Le Point imagine le candidat d’extrême droite à la présidentielle française approché par Jeune Afrique pour un poste de pigiste…

Mis à jour le 20 juin 2022 à 09:35
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

© Damien Glez

Au début d’avril, l’ancien polémiste devenu candidat du parti « Reconquête ! » à la présidentielle française l’affirmait sur la radio France Inter : « Le 25 avril, je serai soit président de la République, soit chef de l’opposition. » Éric Zemmour n’a pas été qualifié au second tour, arrivant derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon avec 7,07 % des suffrages exprimés, un score décevant au regard de la moyenne des sondages depuis sa déclaration de candidature. Pour exister à l’échelle nationale sans être à l’Élysée, le souverainiste est parti, cette fois, à l’assaut de l’Assemblée nationale. Là non plus, pas de deuxième tour : Zemmour a été éliminé dès le premier tour des législatives, dans le Var où il s’était parachuté.

Si chaque parti politique tente de présenter à son avantage sa presque victoire ou sa moindre défaite – même les socialistes fondus dans la coalition de gauche Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) –, l’ancien journaliste de droite apparaît comme le perdant incontesté de la séquence politique de 2022, comme en témoigne l’annulation de certaines de ses participations à des émissions de télévision, lui l’ex-bête de scène médiatique…

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Dégringolade

Faut-il en gloser au fil de longs articles ? Peut-être le caractère synthétique d’un dessin de presse est-il idéal pour évoquer la dégringolade du chouchou de la chaîne CNews. Et c’est à la plume du dessinateur Jean que le journal français Le Point a confié la mission. En quelques traits, à la page 14 de l’édition du 16 juin, on reconnaît un Zemmour dépité consultant un smartphone. Dans la grande tradition des anciens dessins de presse sans phylactère, c’est une légende qui renseigne sur l’hypothèse fictive d’une déprime réelle : « Éric Zemmour se vit proposer un poste de pigiste à “Jeune Afrique”. »

La caricature, dont la nature est d’exagérer, imagine toujours les situations les plus improbables. Bien probable est le manque de désir d’Éric Zemmour de reprendre sa carrière de journaliste dans une publication qui traite du continent qu’il accuse, à mots plus ou moins couverts, d’œuvrer au « grand remplacement » de la population française, et ceci malgré ses origines dans des contrées berbères.

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Mais bien improbable est effectivement l’hypothèse que JA puisse jouer le chasseur de tête dans sa direction. L’hebdomadaire n’a eu de cesse de dénoncer le dédain mal documenté de Zemmour à l’égard de Sénégalais qu’il assimilait à des trafiquants, la lecture infondée et décontextualisée de certains versets du Coran, sa « fable dystopique » sur la France et sa « névrose » à l’égard de l’Algérie.

Carton plein pour le cartoon du Point