Politique

Afrobaromètre : comment mesurer la corruption ?

Le Nigeria est, d'après Afrobaromètre, le pays le plus corrompu. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Si la la corruption en Afrique ne semble pas suffisamment combattue par les pouvoirs publics, les études qui la mesurent ne donnent pas les mêmes résultats. À qui profite le crime ? Qui en subit le plus les effets délétères ?

Quel est le pays le plus corrompu du continent ? La Somalie, indiquait l’an dernier le célèbre Indice de la perception de la corruption de l’ONG Transparency International (TI). Mais pour l’équipe de chercheurs indépendants d’Afrobaromètre, qui a publié une nouvelle étude le 13 novembre, c’est… le Nigeria. Et il y a d’autres différences entre ces deux organismes. Ainsi, selon Afrobaromètre, l’Algérie fait partie des pays les moins corrompus (31e sur les 32 étudiés), à l’opposé du Mali (3e le plus corrompu, derrière le Cameroun). Deux pays pourtant classés ex æquo par TI…

En réalité, les méthodes diffèrent. TI s’appuie sur des "experts" et s’intéresse à la perception de la corruption par les milieux d’affaires, alors qu’Afrobaromètre a réalisé des sondages auprès d’un échantillon représentatif de 51 000 personnes, entre 2011 et 2013. Son étude dévoile donc davantage le ressenti des Africains, quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle. Et, pour 54 % d’entre eux, leur gouvernement lutte "très mal" ou "assez mal" contre ce fléau. Il y a dix ans, ils n’étaient que 46 % à exprimer cette opinion.

Autre enseignement de l’étude : la corruption affecte surtout les plus pauvres. Ainsi, 18 % de ceux qui ont parfois du mal à se nourrir (contre 12 % de ceux qui mangent à leur faim) déclarent avoir dû payer pour recevoir des soins. Au total, le tiers des personnes interrogées avouent avoir versé au moins un pot-de-vin au cours de la dernière année, par exemple pour obtenir un document administratif ou éviter un problème avec la police. C’est d’ailleurs cette institution qui est perçue comme la plus corrompue : 43 % des sondés estiment que "tous" les policiers ou "la plupart" d’entre eux sont véreux, loin devant les présidents et leurs conseillers (24 %).

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