Culture

Jackie Kennedy vs Michelle Obama : la guerre des icônes !

| Écrit par Dalanda Diallo
Michelle Obama et Jackie Kennedy, deux icônes.

Michelle Obama et Jackie Kennedy, deux icônes. © AFP

D’un côté, Jackie Kennedy, ses origines françaises, son grand style classique… De l’autre, Michelle Obama, sa propension à mélanger haute couture et prêt-à-porter, sa passion pour les créateurs issus de la diversité… Duel de géantes !

Mercredi 7 novembre 2012. Barack Obama vient d’être réélu à la tête des États-Unis, le couple présidentiel s’enlace. Postée sur le compte Twitter du président, la photo fait le tour du monde. Michelle Obama porte une robe à carreaux rouge et blanc achetée 66 euros sur le site Asos. Au cours des semaines suivantes, les ventes de la petite robe explosent…

>> Lire aussi : Michelle Obama : "The look"

Désormais, pas une manifestation officielle ou une apparition publique de la première dame sans que ses tenues vestimentaires soient scrutées et commentées, généralement de manière laudative. Chacun y va de son appréciation sur le créateur, le prix du vêtement ou le magasin où il est censé avoir été acheté. Il existe même un site web, mrs-o.com, entièrement consacré au sujet. Les journaux de mode et la presse people ne sont pas en reste. Même des publications a priori moins futiles comme le Los Angeles Times, le New York Magazine, le Huffington Post, voire, de l’autre côté de l’Atlantique, L’Express s’y mettent, via leurs suppléments spécialisés.

Parallèlement, les shows télévisés auxquels participe Michelle Obama créent l’événement. La presse s’amuse d’un effet "Flotus", acronyme du nom du compte Twitter de Michelle Obama : First Lady of the United States. En 2011, sur le plateau du Tonight Show de Jay Leno, elle fait sensation avec une jupe et un sweater J.Crew. En 2008, dans l’émission The View, elle éblouit dans une robe de la marque White House, Black Market.

Cette fascination du grand public pour la garde-robe de l’épouse du président n’est pas nouvelle. Elle a véritablement débuté avec Jackie Kennedy, dans les années 1960. Bien entendu, le style des deux femmes est fort différent, mais on y décèle quand même certaines analogies. Il ne faut pas perdre de vue que l’une et l’autre sont les épouses d’hommes à la fois charismatiques et atypiques : John Fitzgerald Kennedy fut le premier président catholique de l’histoire des États-Unis, Barack Obama le premier Africain-Américain. Cette singularité a-t-elle influé sur leur conception de l’élégance ?

Les premières dames connaissent leurs classiques

Bien entendu, Jackie et Michelle connaissent leurs classiques : robes sans manches, rangs de perles unique ou triple, robes longues et blanches pour les cérémonies officielles, manteaux assortis aux robes, gants… Mais elles les réinterprètent de manière différente. La première, dont le nom de jeune fille était Bouvier et dont les ancêtres étaient originaires de Pont-Saint-Esprit, dans le sud de la France, était une inconditionnelle de prestigieux couturiers français comme Dior, Chanel ou Givenchy. La seconde s’est forgé un look chic, sans doute, mais pratique. Et elle s’efforce de promouvoir des créateurs américains tels que Jason Wu, Tom Ford, Michael Kors ou Ralph Lauren. Il lui arrive même de porter des vêtements d’un prix beaucoup plus abordable, oeuvres de couturiers peu connus du grand public, qu’il s’agisse de Tracy Reese, native comme elle de Chicago, ou d’Isabel Toledo. Ces derniers sont souvent africains-américains ou issus de la diversité : taïwanais, cubains, indiens, etc. Il va de soi que la propension de la première dame à porter des modèles de marques américaines comme Gap, Talbot ou J.Crew booste les ventes de ces dernières et dynamise le secteur de la confection.

Quoi qu’il en soit, l’élégance naturelle de Michelle Obama fait l’unanimité, ou presque : sa silhouette élancée, sa grande taille (1,80 m), son sourire éclatant, ses bras musclés… Ces derniers sont d’ailleurs au coeur d’une assez étrange controverse. Sur son premier portrait officiel, la première dame apparaissait bras nus. Dans la presse et ailleurs, certains s’en sont émus, alors qu’une Jackie Kennedy, par exemple, pouvait porter des robes sans manches sans susciter de réactions indignées. Mais parallèlement, beaucoup d’Américaines s’efforcent de lui ressembler. Peu à peu, un nouveau standard de beauté triomphe : "le bras fitness, musclé ou lifté en finesse". L’Association américaine des chirurgiens plasticiens enregistre une augmentation de 4 % des opérations de ce type et ne doute pas une seconde que Michelle Obama en soit directement à l’origine.

Michelle achète du prêt-à-porter

Sa coiffure, aussi, fait un tabac. La frange que, pour la première fois, elle arborait lors de son quarante-neuvième anniversaire, au mois de janvier, a fait couler beaucoup d’encre et suscité les sarcasmes d’un Karl Lagerfeld, qui, certes, n’en a jamais été avare. Directeur artistique de la maison Chanel, le grand couturier allemand a estimé sur un plateau télé que la première dame américaine ressemblait désormais à "une speakerine de LCI". Pas de quoi fouetter un chat, mais la saillie a fait le tour de la planète… Ce qui fait la singularité – et le succès – du style de Michelle Obama, c’est peut-être le mélange qu’elle réussit entre haute couture et prêt-à-porter. On a déjà évoqué la petite robe à carreaux de chez Asos ou l’ensemble J.Crew bon marché qu’elle arborait chez Jay Leno. Mais il faudrait aussi parler de la robe Talbot blanche à fleurs jaunes – prix : 40 euros – qu’elle portait à Orlando, au mois d’août. Ses robes de créateur font rêver, ses tenues bon marché renforcent son côté accessible. Tout le monde a l’impression de pouvoir lui ressembler.


Barack et Michelle Obama, avant un dîner du Congressional Black Caucus Foundation,
à Washington, le 21 septembre. © Mike Theiler/CNP/Admedia/Sipa

Bref, Michelle O. est une icône. Mère, épouse et avocate accomplie, elle est l’archétype de la femme moderne, une sorte de version 2.0 de Jackie Kennedy. Les deux femmes ont su imposer une mode impeccable et innovante, séduire le peuple grâce à la sûreté de leur goût et à l’originalité de leur personnalité. Voilà pourquoi elles sont les First Ladies les plus admirées de l’histoire des États-Unis.

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