Politique

Espagne : Artur Mas, VRP de l’indépendance

Artur Mas, le président du gouvernement régional, à Barcelone, en 2012.

Artur Mas, le président du gouvernement régional, à Barcelone, en 2012. © LLUIS GENE/AFP

Israël, Inde, Chine, Afrique du Sud… Artur Mas, le patron de la Catalogne, cherche à l’étranger des soutiens à sa cause. Et ne rencontre jusqu’ici que prudente expectative.

Flanqué d’une délégation d’entrepreneurs, mais aussi d’Andreu Mas-Colell, son ministre-conseiller de l’Économie, et de Xavier Trias, le maire de Barcelone, Artur Mas, le président de la Generalitat (gouvernement) de Catalogne, a séjourné du 9 au 12 novembre en Israël. Lors d’une rencontre de près d’une heure avec le président Shimon Pérès, il a plaidé la cause d’un État catalan au sein d’une Europe fédérale. Aucun drapeau espagnol n’avait été déployé pour l’occasion – curieuse anomalie protocolaire. Seuls deux drapeaux israéliens battaient au vent… Mais la visite de Mas à Jérusalem-Est, considérée comme territoire occupé, et sa décision de ne rencontrer aucun responsable palestinien ont suscité un certain malaise. "Comme il l’a lui-même reconnu, il préfère jouer la carte israélienne, explique Montserrat Nebrera González, ex-députée du Parti populaire de Catalogne (PPC). Il compare volontiers la création d’un État catalan à celui de l’État hébreu, en 1948. Mais la gauche catalane se sent plus proche de ce peuple opprimé et privé d’État que sont les Palestiniens."

Depuis qu’il défend le droit à l’autodétermination du peuple catalan et prône l’indépendance de sa région (qui dispose actuellement d’une large autonomie au sein de l’État espagnol), Mas ne ménage pas ses efforts pour recueillir soutiens et sympathies sur la scène internationale. Son ambition est évidemment que, dans un avenir proche, la Catalogne réussisse à nouer au même niveau que l’Espagne des relations diplomatiques et économiques avec le plus grand nombre possible de pays.

Des ambitions qui font peur…

Son séjour en Israël est pourtant loin d’avoir été un succès. Benyamin Netanyahou, le Premier ministre, n’a ainsi pas trouvé le temps – ou pas senti la nécessité – de le recevoir. Manmohan Singh, son homologue indien, n’agira pas différemment, le 24 novembre. De même, au mois de septembre à Bruxelles, Mas n’avait réussi à rencontrer ni José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, ni Herman Van Rompuy, celui du Conseil. En la matière, José Montilla et Jordi Pujol, deux de ses prédécesseurs beaucoup moins radicaux, avaient fait mieux et pouvaient l’un et l’autre se targuer d’avoir obtenu des rendez-vous avec des responsables étrangers de premier plan. Manifestement, les ambitions trop audacieuses de Mas effraient ses interlocuteurs, qui préfèrent conserver de bonnes relations avec Madrid.

Après l’Inde, Mas se rendra en Chine et en Afrique du Sud. "Il ne renoncera pas de sitôt. Pour obtenir le droit à l’autodétermination, il va jouer le tout pour le tout", estime Montserrat Nebrera González.

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