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Le titre MTN fait son entrée à la Bourse de Lagos, au Nigeria, le 16 mai 2019. © Temilade Adelaja  /REUTERS

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RSE : vers un développement responsable

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BOAD : « La RSE devient un outil de gestion des risques »

Sur le continent, la Banque ouest-africaine de développement est la première institution du genre à avoir adopté une démarche de responsabilité sociale des entreprises. Directrice du département innovation et développement durable, Valérie-Noëlle Kodjo Diop dresse un premier bilan du plan 2020-2024.

Mis à jour le 22 juillet 2022 à 10:48

Valérie-Noëlle Kodjo Diop, directrice du département innovation et développement durable au sein de la BOAD. © Régis Corbet / Société générale.

En la matière, elle fait figure de pionnière. En décembre 2019, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) engageait une approche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans le but d’intégrer dans sa stratégie et dans ses modes opératoires les exigences du développement durable. Une première pour un établissement de ce type à l’échelle du continent.

Cette étape de la gouvernance de l’institution régionale vise à accélérer le développement économique et social au sein des huit États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Et c’est la financière Valérie-Noëlle Kodjo Diop qui a été chargée de son développement au sein de l’institution financière établie à Lomé. Ancienne cadre à la direction Afrique de BNP Paribas et de Société générale, elle évoque pour Jeune Afrique les enjeux de la RSE pour les banques de développement et son impact au niveau des pays membres de la BOAD.

Jeune Afrique : Quelles raisons ont poussé la BOAD à mettre en œuvre une politique de RSE ? 

Valérie Noëlle Kodjo Diop : Aujourd’hui, les directions « responsables » choisissent d’engager leur entreprise dans la voie du développement durable en identifiant et en assumant leur responsabilité sociale. Le défi est alors de concilier cette dernière avec la performance économique et le respect de l’environnement.

D’après ses statuts, la BOAD entend « promouvoir le développement équilibré des États membres, et réaliser l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest » en finançant des projets prioritaires de développement. Notre démarche RSE s’applique aussi bien au sein de l’institution que dans ses relations avec les États membres.

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Justement, qu’en est-il de l’implémentation dans les États de l’Uemoa ? 

Organisée autour de onze axes sur une période de cinq ans, la stratégie RSE 2020-2024 de la BOAD vise à mieux répondre aux enjeux prioritaires qu’elle a identifiés, et à contribuer de manière plus efficiente à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations unies avec plus d’efficience. 

La Banque accompagne la mise en œuvre des programmes d’investissements des États membres de l’Uemoa, et la RSE devient progressivement un outil de gestion des risques. En adoptant un business model plus responsable, les entreprises – comme les sociétés minières par exemple – disposent de procédures définies pour identifier les risques fournisseurs mais aussi financiers, climatiques ou encore d’image. 

Quels enjeux la RSE représente-t-elle pour les banques de développement ? 

De nombreuses entreprises ont conscience que leur implication dans la protection et la préservation des ressources naturelles conditionne leur survie à long terme. Les enjeux environnementaux auxquels sont liées leur activités sont vastes : consommation de matières premières, d’énergie, d’eau, de ressources naturelles, rejets de déchets dans l’environnement. 

Depuis ses débuts, la BOAD allie exigence de performance et développement responsable

Comment la dimension RSE est-elle prise en compte dans les financements apportés par la BOAD aux États et au secteur privé ? 

L’institution a vu le jour en 1976 pour lutter contre la pauvreté, améliorer la qualité de vie des populations de l’espace Uemoa et contribuer in fine à l’intégration régionale. La Banque s’est alignée sur les exigences du développement durable et, à ce titre, est pleinement engagée dans une démarche vertueuse et responsable dans le cadre du financement des projets de développement.

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Ainsi, depuis ses débuts, la BOAD allie exigence de performance et développement responsable. Elle conjugue ses efforts à ceux des États membres pour atteindre les ODD, et veille à concilier la préservation de l’environnement et l’équité sociale, en harmonie avec ses impératifs financiers et économiques. 

Quels enseignements retenez-vous de la mise en œuvre d’une telle politique ? 

La démarche favorise la fierté d’appartenance, et contribue à l’amélioration des conditions de travail. Intégrer les principes de responsabilité sociale au centre de la stratégie et des pratiques de l’entreprise incarne donc un gage de pérennité qui améliore également la résilience face aux évènements imprévus, comme les catastrophes naturelles.