Économie

Coca-Cola – Castel : après le divorce, les concurrents déjà sur les rangs

Après des années d’alliance, le géant américain et le groupe français mettent un terme à leur collaboration dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest. Un chamboulement dans le secteur des sodas qui ouvre des perspectives pour la concurrence locale.

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Mis à jour le 16 juin 2022 à 17:04

Unité d’embouteillage de la société Castel, zone industrielle de Yopougon, Abidjan, Côte d’Ivoire. © Jacques Torregano pour JA.

Un divorce à l’amiable : c’est ainsi que le géant américain Coca-Cola et le mastodonte français Castel, acteurs clés du marché des boissons gazeuses, présentent leur séparation en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, après plusieurs décennies de cohabitation. Le premier partenariat entre le roi du soda (38,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021) et le brasseur tricolore (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020 pour Copagef qui rassemble les activités vins, boissons et agroalimentaires) date de près de trente ans.

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Fin juin, les deux partenaires annoncent que les contrats qui les lient dans une dizaine de pays (dont le Gabon) et selon lesquels Castel embouteille et commercialise les boissons de l’Américain ne seront pas reconduits. Une page qui se tourne et qui annonce une recomposition du secteur dans un contexte de concurrence accrue.

Exception algérienne

D’après les intéressés eux-mêmes, la rupture intervient d’un commun accord. Elle n’a cependant pas fait l’objet d’une communication concertée. Fin avril, Coca-Cola (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) a évoqué dans un communiqué un changement d’embouteilleurs dans plusieurs pays, dont l’Angola, l’Égypte, le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Sollicité, le groupe dirigé par Pierre Castel précise que la rupture concerne onze pays, dont huit où elle est actée (Sénégal, Cameroun, Angola, Burkina Faso, Togo, Bénin, Gabon, Côte d’Ivoire) et trois où elle doit encore intervenir (Madagascar, Tchad et Mali).