Politique

RDC : coup de bambou pour Bemba, qui ne baisse pas les bras

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Fidèle Babala Wandu devant la CPI à la Haye, le 27 novembre.

Fidèle Babala Wandu devant la CPI à la Haye, le 27 novembre. © Peter Dejong/AP/Sipa

Quatre proches du leader du Mouvement de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba, ont été arrêtés. Accusés de subornation de témoins, ils ont été transférés devant la Cour pénale internationale, comme leur chef.

À Kinshasa, début novembre, l’opposant Fidèle Babala Wandu, du Mouvement de libération du Congo (MLC, de Jean-Pierre Bemba), se satisfaisait d’une « certaine détente » dans les relations de son parti avec le pouvoir. Au point, confiait-il à J.A., que des discussions étaient en cours pour que le gouvernement accueille son mentor sur son territoire, au cas où la Cour pénale internationale (CPI) lui accorderait une liberté provisoire (Bemba y est détenu depuis 2008 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Centrafrique).

Arrêté à son domicile dans la nuit du 23 au 24 novembre, Babala s’est retrouvé en vingt-quatre heures à La Haye. Lors d’un coup de filet coordonné par la CPI, dont les agents étaient déployés depuis plusieurs jours à Kinshasa, trois autres proches de Bemba ont été arrêtés simultanément en Belgique, en France et aux Pays-Bas. Parmi eux figure Aimé Kilolo Musamba, l’avocat principal de Bemba. Interpellé à l’aéroport de Bruxelles, il ne s’est pas opposé à son transfert à La Haye, indique une source proche de la défense. Les quatre hommes, qui risquent jusqu’à cinq ans de prison, sont soupçonnés d’avoir formé un réseau pour falsifier des documents et d’avoir tenté de corrompre des témoins à charge contre Bemba.

Bemba vise toujours la présidentielle de 2016

Alors que des discussions étaient en cours, à Kinshasa, pour la formation d’un gouvernement d’ouverture incluant des figures de l’opposition, ce coup de filet pourrait briser « l’élan de confiance créé par les concertations nationales en septembre », souligne Thomas Luhaka, secrétaire général du MLC. Le groupe parlementaire, auquel Babala appartenait, a d’ailleurs suspendu sa participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour protester contre les conditions de son interpellation et « l’empressement » des autorités à le transférer. Kinshasa n’a fait que « respecter ses engagements internationaux », a pour sa part estimé Wivine Mumba, la ministre de la Justice.

Depuis sa cellule, Jean-Pierre Bemba, qui espère toujours pouvoir se présenter à l’élection présidentielle de 2016, va devoir remanier son équipe. Lui-même visé par les charges de subornation de témoins, il voit ses espoirs de libération rapide – son entourage évoquait la mi-2014 – se dissiper.

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