Culture

Streaming : Yema, le Maghreb et le Moyen-Orient en haut de l’affiche

Yema, nouvelle plateforme VOD consacrée exclusivement aux films et aux documentaires du monde arabe et du Moyen-Orient, a été lancée le 9 juin. Soixantième anniversaire de l’indépendance oblige, les réalisateurs algériens sont les vedettes de ce lancement.

Mis à jour le 11 juin 2022 à 11:40

Plateforme VOD Yema. © Yema

Cette fois c’est fait, Yema est en ligne et son offre de films et de documentaires du « Maghreb-Orient » – les séries viendront probablement l’année prochaine – est disponible sur yema-vod.com. Fin 2021, Jeune Afrique avait rencontré les trois jeunes femmes à l’origine du projet alors que s’achevait la campagne de crowdfunding qui devait les aider à financer leur création. Une campagne réussie, confirme Léa Taïeb, l’une des cofondatrices : « Nous avons atteint le double de l’objectif que nous nous étions fixés, soit plus de 12 000 euros, ce qui nous permet aujourd’hui de nous lancer dans de bonnes conditions. Mais surtout, cette opération a confirmé plusieurs choses. Concernant le public visé d’abord : plus de 90 % des personnes qui ont contribué au crowdfunding vivent en France et c’est une communauté engagée, exigeante. Ils nous ont fait beaucoup de retours sur les films qu’ils aimeraient trouver sur Yema, ils ont confirmé leur intérêt pour une offre qui entre en résonance avec l’actualité, pour une éditorialisation. »

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Ce dernier point était, dès le départ, l’un des objectifs affichés par les trois cofondatrices qui ne souhaitent pas simplement offrir un catalogue de films mais l’organiser par thématiques, accompagner les internautes dans leurs choix, justifier la sélection de telle ou telle œuvre.

Un thème par mois

Chaque mois, un thème particulier sera mis en avant et, pour le lancement, la plateforme a choisi de célébrer les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie en consacrant sa première sélection aux cinéastes de ce pays. Les visiteurs de la plateforme y trouveront donc neuf films de fiction, récents pour la plupart, et cinq documentaires. « Le but n’est pas d’être exhaustif, mais d’avoir une offre éclectique, explique Léa Taïeb. Les œuvres présentées évoquent aussi bien l’indépendance que la décennie noire, certaines ne sont pas sorties en salles ou ne se trouvent pas sur les autres plateformes de VOD. »

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Au programme de cette offre, des cinéastes comme Lyes Salem, Azedine Kasri, Mounia Meddour, Djamel Kerkar ou Karim Moussaoui. Mais aussi, comme annoncé, une éditorialisation de la sélection, c’est-à-dire des interviews de personnalités invitées à évoquer l’Algérie et son cinéma. Parmi les intervenants, la réalisatrice Sofia Djama, dont le film Les Bienheureux (2017) fait partie de la sélection, mais aussi l’historien Benjamin Stora.

Une nouvelle thématique sera proposée chaque mois mais, pour le lancement, l’offre est déjà étoffée avec une centaine de films proposés. Les néophytes peu familiers du cinéma maghrébin et moyen-oriental sont guidés et une sélection leur est proposée, tandis que les films abordant des thèmes particuliers (histoires d’amour et de famille, condition féminine) sont classés dans des espaces dédiés. Avec, pour chaque œuvre, un court texte expliquant pourquoi elle a été retenue par Yema et ce que le spectateur pourra y trouver.

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L’offre devrait s’enrichir de nouveaux films, entre 5 et 10 par mois, grâce en particulier à l’appui d’institutions telles que le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) de Marseille ou l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris. « En 2023, annonce Léa Taïeb, nous serons aussi associés au festival Aflam, consacré au cinéma méditerranéen, ce qui nous permettra de proposer une partie de leur sélection et de toucher un autre public. »

Pour le lancement, le site ne propose encore que la location des films (entre 2,99 euros et 4,99 euros pour une durée de quarante-huit heures) mais espère proposer rapidement une offre d’abonnement comparable à celles des grandes plateformes de VOD. L’objectif affiché étant, dans un premier temps, de fidéliser les spectateurs et de les voir revenir régulièrement sur Yema.