Société

Cinéma : Zulu, le cap de l’ultraviolence

Mis à jour le 4 décembre 2013 à 12:53

L’acteur américain Forest Whitaker incarne un détective zoulou plein de rage contenue dans une enquête aux allures de poursuite infernale…

Comme tous ces longs-métrages qui ont eu le privilège d’être présentés en avant-première lors de la clôture du Festival de Cannes, Zulu fait partie des films plutôt bien faits, bien joués et destinés au grand public. Ce qui situe le mérite, réel, et les limites – son originalité stylistique ne saute pas aux yeux – de ce polar survitaminé et très violent dont le scénario est tiré du roman noir éponyme de Caryl Férey par Jérôme Salle, le réalisateur français de deux adaptations très honorables de la bande dessinée Largo Winch.

L’action – parfois à la limite du supportable – se passe en Afrique du Sud, dans la ville du Cap, où deux policiers traquent le meurtrier d’une adolescente. Mais les deux flics, Ali et Brian, sont l’un noir, l’autre blanc, dans un pays encore hanté par le fantôme mais aussi par les séquelles bien réelles du temps de l’apartheid. Cette enquête aux allures de poursuite infernale va changer la vie de ses deux principaux protagonistes, l’un, face au passé, porté au pardon, l’autre non. D’autant qu’elle prend une autre ampleur quand il apparaît que derrière les apparences d’une "simple" affaire de meurtre s’en cache une autre de plus grande envergure – l’apparition d’une nouvelle drogue aux effets ravageurs.

L’intérêt et la réussite du thriller résident non seulement dans son scénario bien ficelé mais aussi et surtout dans l’interprétation de deux monstres sacrés de Hollywood qui sont là à la hauteur de leur réputation. Forest Whitaker interprète un détective zoulou peu expansif et toujours plein de rage contenue. Quant à Orlando Bloom, il incarne peut-être avec d’autant plus de conviction et à contre-emploi le bad cop blanc qui va vers sa rédemption que son père fut un journaliste sud-africain militant antiapartheid.