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Qu’ils soient catholiques ou musulmans, jusqu’où s’étend l’influence des dignitaires religieux africains ? © Montage JA; Sipa; AFP

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Dieu tout-puissant : quand les religieux influent sur le politique

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RDC : Fridolin Ambongo, opposant en chef

« Dieu tout-puissant » (4/5). À 62 ans, l’archevêque de Kinshasa est une des principales voix critiques contre les dérives du pouvoir. Alors qu’on dit de lui qu’il pourrait un jour devenir pape, il s’apprête à jouer un rôle de vigie lors de l’élection présidentielle de 2023.

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Par - à Kinshasa
Mis à jour le 23 juin 2022 à 10:03

Le cardinal et archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo Besungu. © MARCO LONGARI/AFP

« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux […]. Un temps pour se taire et un temps pour parler. » Fridolin Ambongo Besungu connaît par cœur ces quelques lignes de l’Ecclésiaste. Mais pour lui, « le temps pour se taire » ne dure jamais longtemps.

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Le cardinal Fridolin Ambongo semble douté d’un franc-parler irrépressible. Lors d’une visite à Kikwit, le dimanche 29 mai, il s’exprime sans détours. « Les Congolais sont parmi les peuples les plus malheureux de la terre », lance-t-il. Conspuant l’état de la route entre Kikwit et Kinshasa, distantes de quelque 500 kilomètres, il déplore les conditions de vie de certains de ses concitoyens et les appelle « à agir ». « Nous devons rester là à ne rien faire ? Non ! poursuit-il. Pendant que le pays est en danger, nous passons la plus grande partie de notre temps à discuter sur les postes, sur l’argent, sur un peu de dollars. » Et le frondeur de prélat de conclure : « Si c’est ça le paradis, je préfère ne pas y aller. »

Pour le pouvoir de Félix Tshisekedi, le répit aura donc été de courte durée. Le voici à nouveau violemment pris pour cible par le chef de l’Église congolaise. « Je suis une sentinelle », assume l’intéressé. Déjà, lors des derniers mois de l’année passée, les deux institutions s’étaient accrochées.

Si c’est ça le paradis, je préfère ne pas y aller

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