Société

Théâtre : la fureur de vivre dans les Townships

Le Sud-Africain Paul Grootboom présente deux pièces sur le sordide quotidien des townships.

Mis à jour le 9 décembre 2013 à 14:00

Township stories, du 10 au 14 décembre, à la Grande Halle de la Villette (Paris). © DR

Des histoires de viols et de tueurs en série. Des histoires de mauvais garçons qui savent semer la terreur, de mineures détournées qui perdent leur innocence, d’hommes mariés qu’abandonnent des épouses sexuellement insatisfaites, de pères immoraux qui sodomisent leur progéniture, de femmes mûres qui mendient l’amour, de policiers brutaux qui torturent sans rien élucider, de pauvres gens qui ne peuvent plus se passer des plaisirs de Bacchus… Bref, la condition humaine dans tout ce qu’elle a de dégradant, de douloureux, d’effrayant. Dans Township Stories, pièce créée en 2006, Mpumelelo Paul Grootboom livre, sans se gêner, la réalité sordide d’une banlieue sud-africaine où vivre, plutôt survivre, est un exploit.

Le rythme de la pièce, trépidant, est soutenu par des acteurs très à l’aise dans leur prestation. Celui que l’on a surnommé le Tarantino des townships, pour son style sans détour, ne suggère pas les actes, il les montre, crus : viols, copulation… Shocking ? "Je ne me fixe pas de limites sur scène. Il n’y a pas de censure. Mais beaucoup de Sud-Africains noirs n’ont pas aimé la pièce parce que j’ai brisé des tabous", reconnaît Paul Grootboom. Il y a aussi beaucoup d’humour. Et de musique, comme s’il s’agissait d’une pointe d’esprit cruelle. À noter également que Grootboom présente une seconde pièce, Rhetorical, beaucoup plus politique, à la Villette, à Paris, du 17 au 20 décembre.