Politique

Madagascar : et le président sera…

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Hery Rajaonarimampianina vote, le 20 décembre.

Hery Rajaonarimampianina vote, le 20 décembre. © RIJASOLO / AFP

Hery a gagné la présidentielle malgache, mais déjà Robinson crie à la fraude. Y aura-t-il un troisième tour dans la rue ?

Éviter un troisième tour dans la rue. Avant même la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle, le 3 janvier, telle était la principale préoccupation de ce qu’on appelle à Madagascar les "forces vives" (société civile, Églises…).

Le Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) n’a ainsi pas attendu l’annonce de la victoire, avec 53,5 % des voix, de Hery Rajaonarimampianina (55 ans), le candidat du président de la transition Andry Rajoelina, pour appeler une fois encore à la réconciliation. Si l’armée, divisée, est restée silencieuse, les grands corps de l’État ont exigé que des mesures soient prises "afin d’éviter une nouvelle crise". L’inquiétude est grande, y compris parmi les observateurs internationaux qui, s’ils ont évoqué des dysfonctionnements, ont qualifié ce scrutin de "crédible". Mais pour l’heure, la communauté internationale ne juge pas nécessaire de jouer les médiateurs.

Le scénario en cours n’est pas loin d’être le pire. Dès le lendemain de l’élection, Robinson Jean-Louis, candidat soutenu par l’ex-président Marc Ravalomanana, a crié à la fraude massive.

>> Lire notre interview de Robinson Jean Louis : "Il n’y avait jamais eu une telle fraude à Madagascar"

Accusation réitérée devant la Cour électorale spéciale (CES). Celle-ci a quinze jours pour étudier les plaintes déposées par l’équipe du perdant. "Nous irons jusqu’au bout car nous avons les preuves qu’il y a eu bourrage d’urnes, assure un proche de Robinson. Nous privilégions le cadre légal, mais notre base est très en colère et nous ne faisons pas confiance aux institutions. Nous n’excluons pas de descendre dans la rue."

>> Lire aussi : la mouvance Ravalomanana menace de descendre dans la rue

Le retour de Ravalomanana dépendra de sa réaction

Robinson arrivera-t-il à mobiliser ? Certes, le gros de son électorat se trouve dans la capitale, Antananarivo, où se recrutent, pour quelques milliers d’ariarys, des hordes de manifestants. Mais "les Malgaches sont fatigués, note un diplomate occidental, et l’équipe de Robinson est divisée entre les jusqu’au-boutistes et ceux qui sont prêts à transiger". Du côté du vainqueur, on annonce que le retour au pays de Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, dépendra de sa réaction. "S’il accepte les résultats, il pourra revenir. Sinon…"

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