Économie

Cryptomonnaies : malgré les critiques, Touadéra accélère sa stratégie

Après avoir adopté le bitcoin comme monnaie légale, l’exécutif centrafricain a invité des « bitcoiners » internationaux cette semaine pour l’aider à promouvoir son projet.

Mis à jour le 23 juillet 2022 à 19:03

Élu avec 62,7 % des suffrages, Faustin-Archange Touadéra est président de la République centrafricaine depuis 2016. © DR

Le projet bitcoin ne semble pas vouloir s’essouffler à Bangui. Dans un contexte de défiance régionale et internationale, Faustin-Archange Touadéra vient pourtant de lever le voile sur ses ambitions avec la cryptomonnaie.

Avec le projet baptisé « Sango », le président centrafricain veut transformer Bangui en « pôle d’influence international ». Cette initiative entend attirer localement des entreprises comme des acteurs du crypto, une « révolution qui va repositionner l’économie, améliorer les perspectives et changer le destin des citoyens du pays », détaille le communiqué de la présidence diffusé le 23 mai.

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Répondant par la même occasion à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui laisse planer la menace d’exclusion de la Centrafrique de la zone CFA, la communication du projet Sango tacle : « une bureaucratie impénétrable nous maintient bloqués dans des systèmes qui ne nous donnent pas la possibilité d’être performants », déclare le président centrafricain, qui poursuit en annonçant la nécessité de « repenser [leur] philosophie économique ».

Cadre réglementaire

Dans les grandes lignes, l’initiative Sango prévoit que les transactions effectuées en cryptomonnaies ne seront pas taxées, que l’impôt sur le revenu et sur les sociétés sera supprimé et qu’un système de « e-résidence »(carte d’identité numérique) et de citoyenneté centrafricaine sera mis en place, permettant d’obtenir ces dernières via un investissement… Sans que plus de détails ne soient pour l’instant connus.

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Bangui semble toutefois mesurer les risques liés à l’anonymat et au manque de transparence qui entourent la monnaie numérique. Un projet de loi sur le principe d’identité est en réflexion, indique la documentation relative au projet Sango. Cette réglementation sera encadrée par la future « Banque nationale digitale de la République centrafricaine » (BNDRC).

Des spécialistes du bitcoin à Bangui

Pour aider le pays à construire ce projet, Alfred Poloko, président centrafricain du Conseil économique et social, a fait appel à des personnalités « influentes » de la communauté du bitcoin pour participer à une conférence-débat du 20 au 30 mai, à Bangui, suivie « d’une large communication » à l’attention de la population.

« Nous venons pour voir, écouter, proposer quelques idées et offrir nos retours d’expérience à la RCA », confirme à Jeune Afrique Sébastien Gouspillou, cofondateur de Bigblock Datacenter. Un retour d’expérience attendu du Français, qui conseillait déjà le gouvernement salvadorien fin 2021, après l’adoption du bitcoin comme devise légale par le gouvernement, selon la presse spécialisée.