Politique

France : qui est Chrysoula Zacharopoulou, la Madame Francophonie du nouveau gouvernement ?

Elle est l’une des surprises nommées par Emmanuel Macron. Peu connue du grand public, cette médecin franco-grecque devenue députée européenne était chargée du programme Covax.

Mis à jour le 24 mai 2022 à 10:45

Chrysoula Zacharopoulou était chargée du programme Covax. © Vincent Fournier pour JA

Pour la première fois, ce lundi 23 mai, Chrysoula Zacharopoulou a gravi le perron du l’Élysée pour assister au Conseil des ministres du gouvernement d’Elisabeth Borne, formé vendredi 20 mai. Secrétaire d’État chargée du développement de la francophonie et des partenariats internationaux, rattachée à Catherine Colonna, la nouvelle ministre des Affaires étrangères et de l’Europe, c’est une des surprises de ce nouvel exécutif.

À Lire France : Pap Ndiaye, la surprise d’Emmanuel Macron à l’Éducation

Peu connue du grand public, cette médecin franco-grecque est entrée en politique il y a seulement trois ans, élue députée européenne sur les listes de La République en marche (LREM), le parti du président français. Elle siégeait depuis au sein du groupe centriste et libéral Renew. Cette gynécologue de 45 ans fait partie des personnalités issues de la société civile que le chef de l’État a souhaité mettre en avant, avec la volonté de démarquer son mouvement des partis traditionnels.

Entrée tardive en politique

Née à Sparte en Grèce, fille d’un père militaire et d’une mère banquière, Chrysoula Zacharopoulou a vécu quinze ans en Italie avant d’arriver en France en 2007. C’est à travers son combat pour une meilleure prise en charge de l’endométriose que cette chirurgienne à l’hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé se rapproche des cercles politiques. Sous François Hollande, elle est proche de Najat Vallaud-Belkacem et fonde avec Julie Gayet, la compagne de l’ex-président, l’association Info-Endométriose. C’est également cette cause qui l’amène à effectuer ses premiers déplacements en Afrique dès 2011.

En avril 2021, l’eurodéputée prend la coprésidence du conseil des actionnaires de Covax, le programme public-privé chargé de lutter contre les inégalités d’accès aux vaccins dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Mais cette initiative se heurte à de nombreuses difficultés, notamment du fait de la réticence des pays occidentaux à partager leur stock de vaccins avec les pays les plus pauvres, notamment africains.

Refonder les relations

Grande invitée de Jeune Afrique et RFI en février dernier, elle estimait qu’il fallait refonder le partenariat entre l’Europe et l’Afrique. Les pays européens ne doivent plus regarder l’Afrique « comme un continent de problèmes, de migrations, de terrorisme, mais comme un continent de ‘possibilités’ (sic) », déclarait-elle. « Et les Africains [doivent voir] que l’Europe est fragile. »

Elle soulignait également la « xénophobie » qui sévissait en France. « Je suis née en Grèce, j’écoute les discours, je me sens mal à l’aise, confiait-elle. On ne peut pas construire un mur autour de l’Europe. Ce n’est pas possible et ce n’est pas la solution. » Elle se disait plutôt favorable à une lutte contre les passeurs.

Chrysoula Zacharopoulou est désormais l’un des relais politiques du président Emmanuel Macron sur le continent, où près de 60 % des 300 millions de francophones vivent. Elle devrait notamment être amenée à échanger étroitement avec la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui dirige l’Organisation internationale de la Francophonie. Si le lien culturel reste fort entre la France et le continent, l’Afrique connaît une montée du sentiment anti-français, notamment au Sahel, où Paris est très impliqué dans la lutte contre le terrorisme islamiste.