Économie

BAD : inflation, crise agricole, climat… Des assemblées annuelles sous pression

Intervenant dans un contexte difficile, le rendez-vous phare de la Banque africaine de développement (BAD) doit faire émerger des solutions pour assurer la résilience climatique, économique et sociale du continent.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 24 mai 2022 à 12:26

Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement, lors de l’assemblée annuelle de la BAD à Accra, au Ghana, le 23 mai 2022. © Photo by Nipah Dennis / AFP

C’est l’heure des retrouvailles. Après deux éditions entièrement virtuelles en 2020 et 2021 pour cause de Covid-19, la Banque africaine de développement (BAD) tient ses assemblées annuelles en version hybride à Accra au Ghana.

La journée de mardi sera marquée par le discours d’Akinwumi Adesina lors de la cérémonie d’ouverture. Plusieurs chefs d’État sont annoncés, comme le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, son homologue du Mozambique, Filipe Nyusi, et la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan.

À Lire Akinwumi Adesina (BAD) : « L’agriculture est le plus grand business d’Afrique »

D’autres pays seront représentés : la Côte d’Ivoire par son vice-président Tiémoko Meyliet Koné, le Rwanda, par son Premier ministre Édouard Ngirente, les Comores par son président, Azali Assoumani, en liaison à distance. Sans oublier l’Union africaine, en la personne de sa vice-présidente Monique Nsanzabaganwa.

Axé sur les enjeux énergétiques de « résilience climatique » et d’une « transition juste », ce grand rendez-vous africain intervient dans un contexte délicat en raison de difficultés d’approvisionnement et d’une inflation des biens alimentaires nées de la pandémie et accentuées par la guerre en Ukraine.

Crise alimentaire

« Avec 30 millions de tonnes de produits agricoles, notamment du blé et du maïs, qui n’arriveront pas de Russie ni d’Ukraine, l’Afrique est confrontée à une crise alimentaire latente », a souligné le président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina.

À Lire Comment sortir l’Afrique de sa dépendance aux céréales importées

« L’Afrique ne devrait pas dépendre de l’extérieur pour s’alimenter. Elle doit produire elle-même de quoi subvenir à ses besoins », a repris le patron de l’institution panafricaine, à sa tête depuis 2015.

Reconduit à l’unanimité en 2020 pour cinq ans, l’ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria a démenti vouloir se lancer dans la course à l’élection présidentielle dans son pays, un scrutin prévu en février 2023.

Après avoir lancé une réponse à la Covid-19 via la création d’un fonds de soutien de 10 milliards de dollars et l’émission d’un emprunt obligataire social de 3 milliards, la BAD a annoncé la mise en place d’une facilité d’urgence de 1,5 milliard de dollars pour contrer la crise alimentaire.

À Lire Akinwumi Adesina, patron de la BAD : état-major, alliés, VIP… Quels sont ses plus proches soutiens ?

Le dispositif doit permettre de fournir des semences à 20 millions de petits exploitants et de faciliter l’accès aux engrais afin de « produire rapidement 38 millions de tonnes de denrées alimentaires », principalement du maïs, blé, riz et soja.

Climat et DTS

Il complète l’action de la banque dans le domaine agricole : sous l’impulsion de son président, la BAD a fait de l’ambition « Nourrir l’Afrique » l’un des cinq piliers (les high five) de sa politique, qui passe notamment par la diffusion de technologies, la formation et la fourniture de variétés de plantes résistantes aux changements climatiques.

L’un des autres piliers, « Éclairer l’Afrique », sera aussi au cœur des discussions en lien avec le thème des assemblées générales et en amont de la 27e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) prévue en Égypte au mois de novembre.

À Lire Adesina, son vrai bilan à la tête de la BAD

« Malgré sa contribution négligeable, l’Afrique est le continent le plus vulnérable au changement climatique », pointe la BAD rappelant que 600 millions de personnes sur le continent n’ont toujours pas accès à l’électricité.

Droits de tirage spéciaux (DTS), finance verte et économie numérique sont aussi au menu des échanges qui doivent réunir près de 3000 participants issus des pays actionnaires (africains et étrangers) de la banque.