Culture

Côte d’Ivoire : au Femua, tout pour la jeunesse

Pour sa 14e édition, le festival de musique créé par Magic System à Abidjan a fait la part belle à la jeunesse, celle qui construira le pays de demain. Et celle qui l’a fait danser, sur scène.

Mis à jour le 21 mai 2022 à 16:18

Suspect 95 sur la scène du Femua 14, mai 2022. © Facebook Femua

Cinq jours de festivals, quatre nuits de concerts, plus d’une vingtaine de conférences, la 14e édition du Festival de musique d’Anoumabao (Femua) fut foisonnante ! Sans oublier la barbe à papa, l’atelier maquillage et le château gonflable pour être à la hauteur de la vocation sociale de l’événement.

Les enfants se souviendront de cette élection improvisée du Femua Kids : « Qui sera élue miss Femua 14 ? » s’interrogeait la présentatrice, directrice d’un orphelinat du sous-district de Marcory. À ses côtés, quatre fillettes habillées et coiffées comme des dames défilaient la tête haute, la main sur la hanche, en espérant remporter la couronne.

À Lire Magic System : « On rêve d’être disque d’or »

Le soir, place aux plus grands dans une foule déchaînée : verre dans la main gauche, téléphone dans la main droite pour immortaliser les concerts et alimenter les réseaux sociaux. Au total, plus de 100 000 personnes ont assisté aux festivités. Non loin de la scène, le carré VIP avec tapis rouge a accueilli le Premier ministre Patrick Achi qui a tenu à rendre hommage, sur scène, au commissaire général A’Salfo : « Prenez exemple, il est un modèle pour la jeunesse, un modèle pour la Côte d’Ivoire. » 

Inauguration

Tout a commencé le 10 mai, par la cérémonie d’ouverture où les habitants du village d’Anoumabo ont accueilli l’entrée, timide, de l’orchestre. Pour respecter la tradition, la chefferie du village a donné sa bénédiction devant les officiels : Modero Nsimba Matondo, ministre du Tourisme de la RDC, Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, et porte-parole adjoint du gouvernement de Patrick Achi, Françoise Remarck, la nouvelle ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, et son homologue congolaise Catherine Kathungu Furaha.

Après les discours, direction la première école du village, construite grâce aux donations de Magic System. C’est Françoise Remarck qui en a déposé la première pierre, annonçant la construction de deux autres établissements pour cette année 2022. 

Drapeaux maliens

Une fois le bal des politiques terminé, place à la musique. Malgré de gros orages, la scène du Femua 14 a chaviré sous les déhanchés de la chanteuse ShanL, à l’humour de Suspect 95 qui a su mélanger comédie, chorégraphies et chants. Le chanteur malien Iba One s’est de son côté produit sur la scène de l’INJS (Institut National de la Jeunesse et des Sports d’Abidjan). Étonnant de voir autant de drapeaux maliens hissés dans la foule. « La team gladia », comme l’artiste aime les surnommer, a fait le déplacement. Si tous ne sont pas originaires du Mali et ne comprennent pas le bambara, les paroles de ses chansons sont sur les lèvres de chacun.

À Lire A’Salfo : « Youssoupha, Shan’L, Suspect 95, Coco Argentée… C’est la plus jeune programmation de toute l’histoire du Femua »

Et comment ne pas retenir les prestations du « Prim’s parolier » Youssoupha, pointure du monde artistique et respecté de tous ? Le légendaire groupe Magic System a, lui aussi, fait le show dans un véritable retour aux années 1990 avec des titres comme Premier Gaou, Amoulanga, Molo molo et Bouger bouger.

Emploi et formation

Si le Femua 14 a eu lieu en même temps que la COP15, il n’y était pas question de désertification mais d’entrepreneuriat et d’emploi des jeunes. Les 11, 12 et 13 mai ont été des journées animées de conférences, de tables rondes et d’ateliers, qui ont abordé mille questions : la protection des petites entreprises dans leurs 3 premières années d’existence. La façon de favoriser des emplois décents et les compétences entrepreneuriales. La découverte des mécanismes de financement inclusifs pour les jeunes, les questions de créativité et d’innovation…

Autant de thématiques qui ont rappelé le rôle de la jeunesse dans le pays et dans son développement. Et qui auront marqué cette édition du Femua que le commissaire général a conclu ainsi : « La jeunesse est à l’honneur car vous êtes l’avenir du pays, je me considère comme un artiste engagé, par mes actions, car il faut contribuer au développement de l’Afrique », a remercié A’Salfo.