Politique

Algérie-Maroc : entre Nadir Larbaoui et Omar Hilale, une joute aux accents régionalistes

La nouvelle sortie du représentant permanent du Maroc à l’ONU face à l’ambassadeur algérien aux Nations unies montre que Rabat est désormais déterminé à utiliser la carte kabyle comme outil de contre-attaque dans le dossier du Sahara occidental.

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Mis à jour le 23 mai 2022 à 17:41

Nadir Larbaoui, représentant permanent du Maroc à l’ONU, et Omar Hilale, ambassadeur de l’Algérie à l’ONU. © MONTAGE JA : DR ; Albin Lohr-Jones/SIPA

Nouvel épisode dans le match diplomatique qui se joue entre Rabat et Alger. Terrain de jeu : Sainte-Lucie, aux Antilles, du 11 au 13 mai, lors du séminaire du Comité spécial de l’ONU sur la décolonisation (dit Comité spécial des Vingt-Quatre, C24). Un échange d’attaques a eu lieu entre le représentant permanent du Maroc aux Nations unies, Omar Hilale, et l’ambassadeur de l’Algérie à l’ONU, Nadir Larbaoui, sur l’épineuse question du Sahara occidental. Si ce type de sorties est monnaie courante entre les diplomates des deux pays, cette dernière est particulièrement révélatrice de la nouvelle partition que joue le Maroc dans ce dossier qui empoisonne ses relations avec son voisin : celle de la Kabylie.

Retour en juillet 2021 : durant la réunion générale ministérielle des pays non alignés à l’ONU, Hilale fait distribuer une note en réponse aux propos du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans laquelle il est écrit que le « peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’auto-détermination », soulignant également que celle-ci « n’est pas un principe à la carte ». Une réponse du berger à la bergère, l’Algérie défendant de son côté l’auto-détermination du Sahara occidental.