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Guinée : la tension monte entre le gouvernement et le patron de la Cedeao

Le 17 mai, Jean-Claude Kassi Brou a vivement critiqué la durée de la transition. Il s’est attiré les foudres de membres de l’exécutif de Conakry, venus à la rescousse de Mamadi Doumbouya. 

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Mis à jour le 20 mai 2022 à 18:49

Jean-Claude Kassi Brou, alors président de la Commission de la Cedeao, à Paris, le 7 avril 2022. © Jacques Torregano pour JA

La fin de son mandat à la tête de la Commission de la Cedeao approchant, Jean-Claude Kassi Brou se sent-il pousser des ailes ? Mi-mai, invité à réagir sur la durée de la transition guinéenne, désormais fixée à trois ans, l’Ivoirien n’y est pas allé par quatre chemins. « Les meilleures transitions, ce sont les transitions les plus courtes possibles, déclare-t-il. Une transition qui est issue d’un coup d’État militaire, ce n’est pas un mandat électif. Dans notre région, vous avez des chefs d’État qui sont élus pour cinq ans. Un coup d’État militaire qui s’apparente à un mandat électif, cela pose un problème. »

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Un tacle à peine voilé destiné aux militaires guinéens, dont la réponse n’a pas tardé. Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du Conseil des ministres, mercredi 19 mai, Ousmane Gaoual Diallo, ministre de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, a dénoncé une sortie « hâtive et inamicale ». « Nous avons été surpris et déçus, a-t-il poursuivi. En temps normal, M. Brou se prononce après la conférence des chefs d’État dont il porte la parole. Nous avions reçu comme information que la Cedeao allait dépêcher une mission en Guinée, qui allait écouter les autorités, les partis politiques et la société civile pour prendre en compte le contexte guinéen. Et voilà que [le président de la Commission] se prononce sur ce qui devrait être la réponse de la Cedeao ! »

Coup pour coup

Présent lui aussi à cette conférence, le colonel Amara Camara, secrétaire général et porte-parole de la présidence, a été tout aussi direct. « Je dirais avec beaucoup de modestie que c’est un manque d’élégance et de respect pour l’institution que [Jean-Claude Kassi Brou] représente, enchaîne-t-il. Souvent, quand on est dans la passion, on peut perdre la raison. Il est important, à un certain niveau de responsabilité, de dépassionner le débat. »