Économie

Mali : Uemoa et Cedeao doivent repenser leurs sanctions

Les faiblesses structurelles du régime de sanctions contre le Mali menacent l’idée même de coopération économique. Pour les institutions régionales, l’heure du quitte ou double approche.

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Mis à jour le 27 mai 2022 à 10:37
Joël Té-Léssia Assoko

Par Joël Té-Léssia Assoko

Joël Té-Léssia Assoko est rédacteur en chef adjoint (économie et finance) de Jeune Afrique.

Siège de la BCEAO, à Bamako © DeAgostini/Getty Images

Curieux régime de sanctions que celui imposé au Mali par l’Uemoa et la Cedeao. Il réussit l’exploit d’être à la fois brut et lâche, excessif et inoffensif. Dur avec les faibles et doux à l’égard des nantis… Comme l’indiquait Jeune Afrique, à la mi-mai, après avoir interrogé plusieurs banquiers, « malgré les sanctions, les banques maliennes résistent bien pour le moment ». Et pour cause. Les multiples exemptions au régime de sanctions – biens alimentaires, énergétiques, pharmaceutiques – autorisent (« officieusement », selon un financier) la BCEAO à laisser se poursuivre les transferts et paiements liés à ces denrées.

Un système inefficace et propice à la corruption

Il revient donc au régulateur de faire le tri et de s’assurer que ces transactions concernent bien les aliments et les hydrocarbures, deux des secteurs les plus gangrenés par les circuits parallèles et les inefficiences