Politique

Pourquoi le gaz sénégalais peut changer l’Afrique de l’Ouest, par Marwane Ben Yahmed

Grâce au gaz, dont il va devenir producteur d’ici quelques mois, le Sénégal pourrait prendre une tout autre dimension économique. Avec des retombées directes sur l’ensemble de la sous-région.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 29 juin 2022 à 15:46
Marwane Ben Yahmed

Par Marwane Ben Yahmed

Directeur de publication de Jeune Afrique.

La future unité flottante de liquéfaction du gisement Grand Tortue Ahmeyim qui sera implantée au large de Saint-Louis, au Sénégal. © BP

Transformation locale quasi inexistante, trop faible création de valeur ajoutée, et donc d’emplois, industrialisation balbutiante… Riche de ses matières premières, qu’elle exporte à l’état brut un peu partout sur la planète, l’Afrique est régulièrement accusée de se contenter du minimum syndical.

Pourquoi la Guinée s’évertue-t-elle à vendre sa bauxite au lieu de l’aluminium qu’elle pourrait produire à partir de ce minerai ? Pourquoi le Gabon exporte-t-il son bois et non les meubles avec lequel ils sont fabriqués en Chine et qu’il est contraint d’importer ? Pourquoi le Nigeria achète-t-il l’essence dont il a besoin alors qu’il est un géant pétrolier ? La réponse est aussi simple que désespérante : parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement !

Sans énergie, point de salut

Le problème numéro un du continent, c’est l’énergie. Sans elle, point de salut. Pas d’usines, pas d’industries, pas de transformation locale, pas d’agriculture moderne, etc. Avec, c’est une autre Afrique qui se dessinerait. Et c’est loin d’être une utopie, car les ressources sont immenses : notre continent, c’est plus de 10 térawatts (TW) de solaire, 350 gigawatts (GW) d’hydroélectricité, 110 GW d’éolien, 15 GW de géothermie… Sans parler des hydrocarbures, toujours indispensables à la production d’électricité.