Politique

RDC : de Kinshasa à Goma, le pape François très attendu

La RDC se prépare à la venue du Saint-Père, du 2 au 7 juillet prochain. Et chacun veut son onction pontificale…

Mis à jour le 14 mai 2022 à 16:29
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

© Damien Glez

Beaucoup plus « pèlerin » que son prédécesseur Benoît XVI, le pape François entend manifestement rattraper les déplacements perdus du fait des restrictions sanitaires. Les hypothèses de visites à Kiev et Moscou étant encore sujettes à caution, Sa Sainteté sait qu’il peut compter sur un fervent accueil sur le continent, qui n’est pas encore gangréné par la crise européenne des vocations sacerdotales : l’Afrique, avenir annoncé de la chrétienté…

Tant qu’à faire, c’est par le plus grand archidiocèse d’Afrique, celui de Kinshasa, que le pape débutera sa prochaine escapade africaine, programmée du 2 au 7 juillet 2022. Le souverain pontife connaît bien l’église congolaise – il a nommé Fridolin Ambongo Besungu au conseil des cardinaux chargé de sa réforme de la Curie – et la place qu’elle occupe dans les soubresauts politiques de la RDC..

Province chahutée

Si les dirigeants congolais se montrent souvent agacés par le poil à gratter que constitue la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), le président Tshisekedi ne sera pas contre une petite bénédiction papale, aux airs de revanche. Si Jean-Paul II avait foulé le sol du Zaïre en 1980 et 1985, une visite du chef actuel du Vatican avait été annulée en 2017, en raison de la mésentente entre Joseph Kabila et l’Église.

Alors que Félix Tshisekedi vient de s’afficher tout sourire avec le nonce apostolique en République démocratique du Congo, le comité national d’accueil du pape François prépare la seconde partie du séjour papal en RDC : Goma, le chef-lieu d’une province du Nord-Kivu meurtrie. En dehors des premières manœuvres politiciennes en vue de la prochaine présidentielle, c’est certainement l’Est qui trouble le sommeil du chef de l’État. Beaucoup de Congolais s’interrogent d’ailleurs sur la sempiternelle prolongation d’un état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri

Réconciliation et consécration

Dimanche 8 mai, une délégation du comité national d’accueil s’est déplacée à Goma, notamment des représentants de l’Église catholique et trois membres du gouvernement : Alexis Gisaro, Aimé Boji et Cherubin Okende Senga. Avec le vice-gouverneur du Nord-Kivu et l’évêque de Goma, les visiteurs du jour ont  évoqué en particulier le site probable de la future messe papale : le village de Chegera, qui fut ravagé, en mai 2021, par la lave du volcan Nyiragongo. Une zone également proche du lieu de l’assassinat de l’ambassadeur italien à Kinshasa, en février de la même année. Comme pour se réconcilier aussi avec les kabilistes, le Pape pourrait consacrer la cathédrale « Mama wa Amani », dont la construction fut financée par l’ex-première dame Olive Lembe Kabila.

Chacun veut son onction pontificale. Le pape François quittera la RDC pour le Soudan du Sud. Il devrait de nouveau s’envoler pour l’Afrique en 2023 au plus tard, en principe pour le Congo-Brazzaville cette fois, et peut-être le Burundi du fervent catholique et président Évariste Ndayishimiye.