Politique

[Série] Algérie-Maroc : la guerre du gaz

Après avoir fermé le robinet du gazoduc avec Rabat, Alger cherche à « punir » Madrid pour cause d’alignement sur les positions marocaines au Sahara occidental. Enquête sur une crise hautement inflammable.

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Mis à jour le 1 juin 2022 à 15:08

Le roi du Maroc Mohammed VI – le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez – le président algérien Abdelmadjid Tebboune © Montage JA

Les Américains appellent cela une perfect storm (« une tempête parfaite »), soit une conjonction des pires ennuis au plus mauvais moment. Alors que les tensions entre l’Algérie et le Maroc connaissent un nouveau regain depuis plus d’un an, l’Espagne est entrée dans la danse en se prononçant en faveur du plan d’autonomie marocain en mars, déclenchant la colère d’Alger. Une décision qui intervient dans un contexte de crise de l’énergie après l’invasion russe de l’Ukraine.

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À l’affaire du Sahara occidental, qui mine les relations entre les trois pays, s’ajoute désormais la guerre du gaz. Exportateur de pétrole et de gaz de premier plan, l’Algérie joue de cette ressource comme une arme pour sanctionner Rabat et Madrid, et comme une carte pour se rendre incontournable sur la scène mondiale.

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Plus de huit mois après la fermeture, en octobre 2021, du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui alimente