Politique

Algérie : pourquoi Abdelmadjid Tebboune remplace la direction du renseignement extérieur

« Mahfoud Polisario » est démis de ses fonctions à la tête de la DGDSE au profit du général Djamel Kehal. Une décision prise par le président algérien lui-même, motivée par plusieurs affaires compromettantes…

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Mis à jour le 12 mai 2022 à 09:19

Le général Djamel Kehal, alias Medjdoub, est le nouveau patron de la DGDSE. © DR

L’annonce a fait beaucoup de bruit. Le général Noureddine Mekri, dit « Mahfoud Polisario », et son adjoint Hamid Hocine, alias Hocine Boulahia (« Le barbu »), ont été relevés de leurs fonctions à la tête de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE). Le général Djamel Kehal, alias Mejdoub, a été désigné au poste très sensible de numéro un des renseignements par Abdelmadjid Tebboune.

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La DGDSE s’est trouvée au coeur d’une tempête il y a quelques mois, après l’enquête ouverte contre son ancien directeur général, Youcef Bouzit, et de très nombreux cadres de l’institution. Le général a été incarcéré à la prison militaire de Blida.

Selon nos informations, la décision de limoger les deux hommes a été prise par le président lui-même.

Bête noire

En pleine initiative de réconciliation politique, Tebboune aurait ainsi sacrifié Hocine Boulahia, chargé de la traque des opposants à l’étranger. Cette initiative avait pourtant donné quelques résultats, avec des extraditions depuis l’Espagne, comme celle de Mohamed Benhalima, ex-caporal de 32 ans, fin mars.

Les deux sécuritaires paient également la levée de boucliers du Canada après la découverte d’un réseau d’espionnage visant les opposants algériens sur son sol. Hocine Boulahia était ainsi devenu la bête noire de ces derniers. Mais le coup de grâce a été le rapprochement entre Rabat et Madrid, en mars dernier. Les services de renseignement n’avaient en effet pas anticipé que l’Espagne apporterait son soutien au plan d’autonomie pour le Sahara proposé par le Maroc.

Réhabilitation

Le général Mejdoub est considéré comme proche du général « Toufik », l’ancien directeur du Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Il a été affecté à la Direction générale à la protection de la sécurité présidentielle (DGPSP) entre 2005 et 2015. Puis, il a été poussé vers la sortie et condamné en 2015 à trois ans de prison dans le cadre de « l’affaire de Zeralda ».

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Dans la nuit du 16 au 17 juillet 2015, vers 4 h du matin, des hommes avaient tenté de s’introduire dans la résidence médicalisée du président Abdelaziz Bouteflika, sur le littoral ouest d’Alger, avant de fuir face aux coups de feu tirés par la garde présidentielle. Sa réintégration sonne donc comme une réhabilitation.