Politique

Burkina – France : Blaise Compaoré et le sénateur Lorgeoux

Le sénateur socialiste français Jeanny Lorgeoux a été reçu en audience par Blaise Compaoré, le 3 février. L’Élysée soutient ne pas avoir été informé de son voyage, qui aurait eu lieu à titre personnel.

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Mis à jour le 11 février 2014 à 18:43

Jeanny Lorgeoux et Blaise Compaoré. © AFP/Montage J.A.

(Mis à jour le 13 février 2014 à 12h45)

Ni l’Élysée ni le Sénat n’étaient informés du séjour à Ouagadougou du sénateur socialiste Jeanny Lorgeoux, qui, le 3 février, a apporté un soutien ostensible à Blaise Compaoré. On sait que le projet du président burkinabè de modifier l’article 37 de la Constitution limitant le nombre des mandats présidentiels suscite actuellement la colère de l’opposition… Les médias officiels burkinabè présentent le sénateur comme un conseiller de François Hollande. L’Élysée soutient qu’il n’a jamais occupé cette fonction et n’a pas rencontré le président de la République depuis longtemps. Un de ses collègues sénateurs croit savoir que Lorgeoux aurait pris prétexte de la présentation d’un rapport intitulé "L’Afrique est notre avenir", corédigé avec Jean-Marie Bockel, pour se rendre à Ouaga et faire "des affaires personnelles". Lorgeoux, qui travailla jadis avec feu Guy Penne à la cellule africaine de l’Élysée, connaît Compaoré depuis 1985.

Suite à la publication de cet article, le sénateur français Jeanny Lorgeoux nous a fait parvenir la précision suivante :

"J’ai l’honneur de vous demander de préciser que, contrairement à ce que vous écrivez, le Sénat était informé de mon voyage, que j’ai, à l’invitation du Président Compaoré, exposé les grandes lignes du rapport sénatorial sur l’Afrique et la France en présence de l’ambassadeur de France, qu’à aucun moment, il n’a été question de l’Elysée, je n’ai par ailleurs pas « d’affaires personnelles" à traiter, et je suis attristé que vous ajoutiez foi à une perfidie d’un collègue qui n’a pas le courage de ses imputations."

Réponse de la rédaction :

Le rapport sénatorial sur l’Afrique et la France ayant  déjà été présenté en décembre dernier lors du  Sommet  de l’Élysée  pour la paix et la sécurité  en Afrique  auquel  participait Blaise Compaoré, il paraît pour le  moins curieux qu’il soit la justification principale du déplacement.
Cette raison est d’autant plus surprenante que Jeanny Lorgeoux s’est rendu seul au Burkina Faso présenter un rapport co-­écrit avec un autre collègue.
Par ailleurs, l’expression "affaires personnelles" a été employée dans le but de souligner le caractère privé du voyage.