Politique

Législatives au Sénégal : les pêcheurs ont-ils raté le coche ?

En rupture avec leur ministère de tutelle et désireux de voir leurs intérêts mieux défendus, les acteurs de la pêche artisanale espéraient se faire une place à l’Assemblée lors des législatives de juillet. Mais un défaut de procédure risque d’anéantir leurs efforts. 

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Par - à Dakar
Mis à jour le 10 mai 2022 à 12:24

Dans le port de Djiffer, au Sénégal. © Alaattin Dogru/Anadolu Agency/AFP

Un coup d’œil par les fenêtres du bureau de Pierre Mboup, l’ancien président du quai de pêche de Rufisque, permet de mesurer la crise que traverse le secteur. Des dizaines de pirogues stationnent sur la plage à une heure où, quelques années plus tôt, l’activité battait son plein. Ce bureau, c’est désormais le siège du mouvement politique And Soukhali Nappou Senegal (« Ensemble pour le développement de la pêche au Sénégal », en wolof).

En cette fin avril, les quatorze délégués régionaux du mouvement se sont réunis au QG rufisquois pour peaufiner leur stratégie en vue des élections législatives du 31 juillet. Dans une pièce voisine, une poignée d’informaticiens numérisent les dizaines de milliers de parrainages citoyens déjà collectés. Les pêcheurs veulent faire leur entrée à l’Assemblée nationale.

Douche froide

Dix jours plus tard, c’est la douche froide. « Sur 85 000 parrainages enregistrés, nous en avons mis 47 500 à disposition de la commission électorale, mais notre chèque de caution de 15 millions de F CFA [22 800 euros] a été refusé par la Caisse des dépôts et consignation, au motif qu’il n’était pas certifié par une banque », explique Mohamed Sylla, pêcheur à Rufisque et chargé de communication du mouvement. Problème : le dépôt des dossiers de candidature pour les élections législatives a pris fin dimanche 8 mai, à minuit. And Soukhali Nappou Senegal a fait appel à un huissier et déposé un recours auprès de la Cour suprême, mais l’aventure politique risque bien de se terminer avant même d’avoir commencé.