Elections

États-Unis : Hillary Clinton, révélations sur une gossip girl

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Hillary Clinton en décembre 2013.

Hillary Clinton en décembre 2013. © Molly Riley/Newscom/Sipa

Sa popularité est au plus haut, elle pourrait être la candidate démocrate à la présidentielle américaine… Mais voilà que ses confidences à une amie sortent dans les médias. Comme par hasard.

"Y a-t-il quelqu’un pour arrêter Hillary ?", se demandait le magazine américain Time mi-janvier. Depuis quelques mois, l’ex-First Lady, ex-sénatrice, ex-secrétaire d’État, est partout. Sur le terrain comme dans les médias, Hillary Rodham Clinton, dite HRC, semble avoir pleinement endossé son rôle de prétendante à la Maison Blanche. Sans même avoir annoncé sa candidature à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2016, elle caracole en tête des sondages. Selon celui du Washington Post et de la chaîne ABC, diffusé fin janvier, HRC remporterait l’investiture avec 73 % des voix, contre 12 % pour son plus sérieux adversaire, Joe Biden, vice-président des États-Unis. Quant au scrutin présidentiel, elle y obtiendrait 53 % des suffrages !

Les spécialistes de la vie politique américaine, eux, rappellent que le grand rendez-vous est tout de même dans trente-trois mois. Autant dire une éternité, au cours de laquelle tout est possible… Surtout le plus inattendu. Premier tour de chauffe le 9 février : The Washington Free Beacon, un site conservateur, publie des conversations et courriers privés datant des années 1990 entre une HRC alors première dame et Diane Blair, une amie proche décédée en 2000.

Au fil des pages, on la voit prendre goût au jeu politique, et au pouvoir.

Au cours de cette quarantaine de pages rédigées dans un style télégraphique, HRC apparaît dans un registre assez intime. En une journée, elle jongle entre le discours de Bill à l’ONU (à New York) et la réunion parents-professeurs de sa fille unique, Chelsea (à Washington). On la découvre aussi coquette, adorant porter des chaussures à talons, changeant souvent de coiffure, même si cela "perturbe les gens".

Au fil des pages, on la voit prendre goût au jeu politique, et au pouvoir. Si sa première année à la Maison Blanche est "horrible", notamment à cause des "sales types" qui y traînent, elle regrette assez rapidement que nul n’y soit "assez dur et coriace". Cherchant à définir son rôle, elle lit des dizaines de biographies de First Ladies. Lorsque son mari lui confie le dossier de la réforme du système de santé, elle travaille dur et comprend que personne – y compris au sein du Parti démocrate – ne lui fera de cadeau. Deux ans plus tard, le projet est abandonné et HRC traverse une longue période de doute : "Je n’ai pas de vrai pouvoir… Bill en a, lui, il peut faire bouger les choses." Avant d’ajouter : "Je suis une femme fière. Je ne suis pas stupide. Je sais que je devrais faire plus, cirer les pompes à la presse, faire comme si je n’avais aucune opinion, mais je ne le ferai pas. Je suis complexe et ils vont devoir faire avec."

"Ce comportement était dégoûtant"

Complexe, voire paradoxale… Jugeant que les journalistes ont de "gros ego, mais pas de cerveau", elle est obnubilée par leurs écrits. Tout en défendant les nominations féminines au sein de l’administration, elle n’apprécie guère les "pleurnicheuses" qui, en 1993, accusent de harcèlement sexuel un sénateur républicain dont elle a "besoin" pour faire avancer sa réforme du système de santé. À propos de la fameuse affaire Monica Lewinsky, en 1998, elle n’excuse pas son mari, mais tient "à replacer les choses dans leur contexte. Il a essayé de rompre, de s’éloigner de cette femme qui était une narcissique looney toon [personnage de dessin animé]. C’était hors de tout contrôle". Et de continuer : "Ce comportement était dégoûtant, inapproprié, mais c’était consenti. Et ce n’était pas du sexe au sens propre du terme."

Et ces révélations ne sont qu’un début. Son amie a retranscrit des années de conversations.

Et ces révélations ne sont qu’un début. Son amie a retranscrit des années de conversations, les plus anciennes datant des années 1970. Archivées par l’université de l’Arkansas, où Diane Blair travaillait, elles ont été rendues publiques en 2010 sans que personne s’en soucie. Désormais, les demandes de consultation affluent. Les républicains promettent déjà un "un plein camion de dossiers contre Hillary". So, wait and see…

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