Politique

Maroc-Espagne : les enjeux de la négociation sur les frontières maritimes des Canaries

Depuis 2007, les deux royaumes ont figé leurs négociations concernant la délimitation de leurs eaux territoriales respectives sur la façade atlantique. Un dossier particulièrement sensible qui devrait bientôt être rouvert.

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Mis à jour le 7 mai 2022 à 10:50

Rencontre entre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le roi du Maroc Mohammed VI au Palais royal à Rabat, le 7 avril 2022. Spanish Prime Minister Pedro Sanchez meets with Moroccan King Mohammed VI at the Royal Palace in Rabat, Morocco, April 7, 2022 © Moncloa/Handout via REUTERS

En suspens depuis quinze ans, le groupe de travail maroco-espagnol pour la délimitation des eaux territoriales de la façade atlantique devrait être prochainement réactivé. Un sujet extrêmement sensible pour les deux pays, qui fait partie de la nouvelle feuille de route en 16 points scellée entre Rabat et Madrid, lors de la visite de réconciliation de Pedro Sánchez au Maroc, le 7 avril dernier.

Jusqu’à la fin du mois d’avril, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, s’était montré évasif quant à la date précise de reprise de cette commission – se contentant de répondre : « prochainement » –, mais le président des Îles Canaries, Ángel Víctor Torres, a récemment annoncé que son lancement aura lieu ce 6 mai à Rabat, et qu’il y participerait personnellement.

Ceuta et Melilla, un non sujet ?

En Espagne, où une partie de la classe politique et de l’opinion publique sont toujours vent debout contre le revirement diplomatique du gouvernement Sanchez sur le Sahara, la question des eaux territoriales suscite des attentes. Et bon nombre de craintes.

En effet, plusieurs partis politiques ancrés à droite réclament au gouvernement d’obtenir des garanties sur le « respect de l’intégrité territoriale » de l’Espagne, et donc une reconnaissance marocaine du statut espagnol des présides de Ceuta et Melilla.