Politique

Mali : Gamou, un général aussi incontrôlable qu’indispensable

À la fin de décembre 2021, ce célèbre militaire a été débarqué de l’Inspection générale des armées par Assimi Goïta. Entre rébellions dans le Nord et accords avec les gouvernements, il est pourtant, depuis trente ans, une personnalité incontournable au Mali. Mais à quoi joue cet électron libre ?

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 7 mai 2022 à 21:19

El Hadj Ag Gamou en compagnie de ses hommes, à Gao, le 9 février 2013. © Jessica Vieux

Un cliché, montrant le général El Haji Ag Gamou en uniforme, béret sur la tête, en compagnie du colonel (et ministre de la Défense) Sadio Camara en costume-cravate, a circulé sur les réseaux sociaux au début de janvier. Pourtant, peu d’informations ont filtré sur cette rencontre.

Ce jour-là, aux côtés du ministre Camara, une dizaine de militaires ont pris place autour de la table, répondant ainsi à une convocation du général Gamou. Un membre du Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia), dont Gamou passe pour être le chef, raconte : « Brisant le silence pesant qui règne dans la salle, le général, tout juste rentré de Gao, lance à la cantonade : “C’est moi, le traitre ? Si c’est ce que vous pensez, allons sur le terrain et vous verrez contre quel camp je vais tirer” ».

Sadio Camara tente de s’expliquer. C’est l’ancien élève qui parle à son supérieur : Camara, comme le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a été jadis sous les ordres de Gamou.

Le haut gradé réagit alors à une nouvelle, arrivée à la fin de décembre 2021 de manière inattendue : Assimi Goïta a, par décret, signifié son congé à l’inspecteur général des armées. Ce poste, Gamou l’occupait depuis que le général Dahirou Dembélé le lui avait proposé, en 2019. Il l’avait préféré à celui de gouverneur.

« Campagne de dénigrement »

À peine ce limogeage a-t-il été rendu public que les rumeurs ont fusé, sur les réseaux sociaux. Gamou, écrivent les uns, a l’intention de « se retourner contre le Mali qu’il a tant défendu ». D’autres en font le « nouvel ennemi numéro un du pays ».