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Guinée : ce que la justice reproche à Alpha Condé et à 26 de ses proches

Le procureur général près la Cour d’appel de Conakry engage des poursuites « immédiates » contre l’ex-chef d’État et plusieurs de ses anciens ministres. Une réaction à la plainte du Front national pour la défense de la constitution dénonçant des exactions et des crimes de sang.

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Par - à Conakry
Mis à jour le 5 mai 2022 à 11:40

Alpha Condé à Paris, en novembre 2018 © Benoit Tessier/REUTERS

Pour Alpha Condé, c’était le beau temps avant la tempête… L’annonce de sa libération le 22 avril lui avait permis de recevoir ses proches biologiques et politiques. Mais selon diverses informations, ces visites ont été à nouveau interdites par la junte deux jours plus tard. Et moins de deux semaines après cette embellie, l’étau se resserre autour de l’ancien président et de 26 de ses proches, pour la plupart déjà poursuivis dans d’autres dossiers par la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief), créée par le pouvoir militaire.

Ce mercredi 4 mai, dans un document de vingt pages intitulé « Instructions aux fins de poursuite judiciaire par voie de dénonciation », le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a instruit au parquet du tribunal de première instance de Dixinn « d’engager des poursuites judiciaires sans délai » contre de nombreuses personnalités de premier rang du régime déchu.

Onze anciens membres du gouvernement d’Alpha Condé sont poursuivis par la cour d’appel

Outre Alpha Condé, la liste mentionne onze anciens membres du gouvernement dont l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, Mohamed Diané (Défense), Damantang Albert Camara (Sécurité), déjà en prison ; des anciens présidents d’institution : Amadou Damaro Camara et Claude Kory Kondiano (Assemblée nationale), Mohamed Lamine Bangoura (Cour constitutionnelle) ; d’ex-officiers de police et de la gendarmerie, le général Ibrahima Baldé (Haut commandant de la gendarmerie), Aboubacar Fabou Camara (directeur central de la police judiciaire), Ansoumane Camara dit Baffoé (contrôleur général de police). Les anciens députés Domani Doré et Souleymane Keita ainsi que Kiridi Bangoura, ex-ministre secrétaire général à la présidence, sont également cités. Tout comme Mouctar Diallo, Papa Koly Kourouma ou encore Alhousseiny Makanéra Kaké, qui furent des alliés du parti au pouvoir, mais aussi les anciens administrateurs territoriaux Madifing Diané (gouverneur de Labé) et Aziz Diop (préfet de Coyah).

Des preuves sur clés usb

Cette instruction du procureur Alphonse Charles Wright fait suite à une plainte déposée le 21 janvier dernier par les avocats français William Bourdon et Vincent Brengarth du cabinet Bourdon et associés, qui représentent le Front national pour la défense de la constitution (FNDC). Ce dernier poursuit ainsi la bataille qui l’a opposé à l’ancien régime au sujet du controversé troisième mandat brigué par Alpha Condé lors de la présidentielle du 18 octobre 2020.

Les avocats du FNDC pointent du doigt les déclarations d’Alpha Condé et les appels à la violence