Politique

Égypte : face à la crise, Sissi cède des actifs de l’État

La guerre russo-ukrainienne a mis en évidence les failles de l’économie égyptienne. Face au risque de contestation sociale, le pouvoir a pris une série de mesures d’urgence. Explications.

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Mis à jour le 4 mai 2022 à 17:13

Abdel Fattah al-Sissi, le 18 février 2022. © Johanna Geron/REUTERS

C’est avec un ton inédit depuis son arrivée au pouvoir, en 2014, et en présence, pour la première fois, de certaines figures de l’opposition que le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s’est adressé à ses compatriotes, le 26 avril. Lors d’une rencontre avec des centaines de représentants des forces politiques et sociales, il a reconnu que l’Égypte se trouvait confrontée à une crise économique sans précédent.

Pour expliquer cette crise, le chef de l’État a cité les répercussions de la guerre russo-ukrainienne, mais aussi celles de la révolte populaire de 2011. Le message est sans équivoque : gare à ceux qui voudraient profiter du contexte pour se révolter contre son régime.

Parmi les décisions que Sissi a prises pour faire face à la crise – notamment celle de la dette : la vente, au secteur privé, d’ici à quatre ans, de 40 milliards de dollars d’actifs de l’État.

Le président égyptien a également chargé le gouvernement d’adopter un plan de réduction de la dette publique et du déficit budgétaire, ainsi que des mesures permettant d’améliorer le climat des affaires et d’attirer les investisseurs étrangers. Pour s’assurer l’assentiment, sinon le silence, de l’opposition, le raïs a annoncé la réactivation du Comité de grâce présidentielle, qui statue sur les prisonniers politiques. Le 27 avril, plus de 3 200 détenus ont ainsi été remis en liberté.

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