Société

Cameroun : Earvin Ngapeth, les ambitions d’un Lion en or

Déjà champion olympique en 2020, le Français d’origine camerounaise espère renouveler la performance à Paris, en 2024. Et garde dans un coin de sa tête d’autres plans de carrière.

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Mis à jour le 3 juin 2022 à 11:20

Earvin Ngapeth © DR

Le 29 mars 2022, la planète volley-ball tourne autour de Modène. La fédération française vient d’annoncer que son équipe nationale, détentrice du titre olympique gagné à Tokyo en 2020, serait désormais entraînée par un Italien, Andrea Giani, actuellement aux manettes de l’équipe de cette ville moyenne du nord de l’Italie.

Au cœur de la région d’Émilie-Romagne, bastion du vinaigre balsamique autant que des joyaux automobiles Ferrari et Lamborghini, les sportifs s’interrogent sur la capacité de Giani à mener la France une nouvelle fois à l’or olympique à Paris, en 2024.

Earvin Ngapeth, lui, n’est pas surpris par l’annonce : entraîné par Giani à Modène depuis un an, il a grandement favorisé la nomination de l’Italien à la tête des Bleus du volley-ball. Les deux hommes s’entendent bien et la parole de Ngapeth, champion olympique et d’Europe, double vainqueur de la Ligue mondiale et meilleur joueur des Jeux de Tokyo en 2020, a du poids. Le lobbying de l’attaquant de 31 ans a payé.

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Pourtant, ce 29 mars, « Magic Ngapeth » a l’esprit ailleurs et le regard tourné vers le stade Mustapha-Tchaker de Blida, en Algérie. Dans la soirée, son équipe de cœur, les Lions indomptables du Cameroun, y joue sa qualification pour la Coupe du monde de football qui se déroulera en décembre au Qatar.

La passion du football

Le champion olympique a invité une partie de sa famille pour suivre le match couperet. « Pour la Coupe d’Afrique des nations [en janvier], on était comme des fous, confie le joueur. Le Cameroun a perdu en finale. Mais c’était peut-être un mal pour un bien. »

Effectivement : moins de deux mois après avoir échoué à soulever le trophée continental chez eux à Yaoundé, les Lions arrachent leur qualification pour le mondial qatari à Blida, au bout d’une folle prolongation. « J’ai mis tellement d’énergie dans ce match ! » sourit encore le volleyeur.

Adolescent, il fréquente les mêmes sélections de jeunes qu’un certain Layvin Kurzawa, futur international français

Cinq ans plus tôt, en 2017, il avait bien failli se mettre à dos ses coéquipiers : après une défaite de son équipe, il avait regardé, au fond d’un bus morose, la victoire des Camerounais à la CAN. L’explosion de joie, après les prolongations, avait surpris tout le monde. Si son calendrier le permet, il espère pouvoir aller supporter le Cameroun au Qatar. « Et aussi les Français ! » se presse-t-il d’ajouter.