Politique

Gabon : pourquoi Frédéric Bongo a été exclu de la Garde républicaine

Le demi-frère d’Ali Bongo Ondimba a été évincé de la Garde républicaine par un Conseil d’enquête. Jeune Afrique a eu accès au dossier, qui expose deux chefs d’accusation.

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Mis à jour le 5 mai 2022 à 14:10

Frédéric Bongo, le jeune frère du président © DR

Frédéric Bongo n’a pas rendu les armes. Selon nos sources, le demi-frère du chef de l’État et ancien patron de la Direction générale des services spéciaux (DGSS) espère toujours qu’Ali Bongo Ondimba (ABO) prendra la décision d’annuler la décision du Conseil d’enquête, lequel a prononcé, début mars, son exclusion de la Garde républicaine.

Le dossier est depuis trois semaines sur le bureau du président gabonais, chef suprême des armées, qui ne s’est pas encore prononcé. Un motif d’espoir pour Frédéric Bongo, qui multiplie les démarches auprès des proches d’ABO et, plus globalement, de toute personne susceptible de plaider sa cause auprès de celui-ci.

Abandon de poste ?

Selon nos informations, le dossier qui a causé l’exclusion du demi-frère du chef de l’État par le Conseil d’enquête comporte deux chefs d’accusation. D’abord, on lui reproche un abandon de poste. Limogé le 15 octobre 2019 de son poste de directeur général de la DGSS et nommé attaché militaire en Afrique du Sud, le Saint-Cyrien, gendarme de formation, a passé ces dernières années beaucoup plus de temps à Libreville que dans la nation Arc-en-Ciel.

Selon l’accusation, il aurait ainsi quitté son pays d’affectation sans en informer sa hiérarchie. Faux, s’est défendu l’intéressé – en vain – devant ses juges. Toujours selon nos sources, Frédéric Bongo a notamment versé au dossier présenté au Conseil d’enquête une autorisation signée de l’ambassadeur du Gabon en Afrique du Sud, André William Anguilé, qui lui permettait de séjourner au Gabon.

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En second lieu, le Conseil d’enquête de la Garde républicaine lui reproche d’usurper le grade de colonel, dont il se prévaut depuis sa mutation en Afrique du Sud. Frédéric Bongo estime de son côté que ce grade est mentionné noir sur blanc dans son ordre d’affectation, signé de la main du chef de l’État, et qu’il peut à ce titre l’utiliser.

Les juges n’ont, là non plus, pas été convaincus. Ancien du cercle restreint des hommes de confiance d’ABO, Frédéric Bongo avait vu son influence décroître après l’accident vasculaire cérébral du chef de l’État, survenu en 2018 à Ryad. Exclu de la Garde républicaine et reversé dans son corps d’origine – la gendarmerie – depuis mars, il espère inverser la tendance et revenir au premier plan à Libreville, quitte à défier ceux qu’il considère déjà comme responsables de sa mise à l’écart de 2019.