Économie

Agribusiness : au Cameroun, Castel défie Noutchogouin, le roi de la filière avicole  

Le groupe français vient de lancer les activités de la Compagnie fermière camerounaise (CFC). Pas de quoi inquiéter le leader historique qui continue d’accroître ses capacités.  

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Mis à jour le 2 mai 2022 à 18:55

Production de gritz de maïs de la Compagnie fermière camerounaise, le nouveau-né de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC). © Compagnie fermière camerounaise

Le rapport de force était clairement déséquilibré au salon avicole international de Yaoundé (Savi) qui a fermé ses portes le 28 avril dernier. Leader historique du secteur avicole camerounais, le groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS, du nom de son fondateur) domine de loin la manifestation de sa présence, en occupant huit stands à travers ses trois filiales : Société des provenderies du Cameroun (SPC, alimentation du bétail et œufs de table), Agrocam (production de poussins d’un jour) et Belgocam (importation et commercialisation des intrants). Face à une telle démonstration de force, la Compagnie fermière camerounaise (CFC) fait figure de Petit Poucet avec un seul stand.  

Une place pour chacun

Pourtant, l’arrivée de cette dernière n’est pas passée inaperçue. Ce nouveau-né de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC), concrétise l’ambition agro-industrielle du groupe Castel, selon Emmanuel de Tailly, le patron de la SABC. Le projet, d’un coût de 25 milliards de francs CFA, comprend la maïserie de 40 000 tonnes annuelles, installée à Mbankomo dans la banlieue ouest de Yaoundé, et la ferme parentale à Mbandjock à une centaine de kilomètres de la capitale.

Castel vise d’abord à assurer l’approvisionnement des brasseries du Cameroun en gritz de maïs, afin de réduire sa dépendance aux importations

Il vise d’abord à assurer l’approvisionnement des brasseries du Cameroun en gritz de maïs, afin de réduire sa dépendance aux importations. Mais il ambitionne d’aller jusqu’au bout de la chaîne de valorisation de ce produit, notamment par la production d’aliments pour animaux, à raison de 11 400 tonnes annuelles, tout en se lançant dans l’élevage. Quant à la ferme de Mbandjock, elle va traiter annuellement 5,8 millions d’œufs à couver, importés pour l’instant, et commencera à en produire sur place dès juillet prochain. Déjà, 17 500 parents et 90 000 poussins chair en sortent chaque semaine, des productions appelées à tripler et à doubler respectivement lorsque l’activité atteindra sa vitesse de croisière, dans un an.