Économie

Sénégal : à l’aéroport de Dakar, le kérosène ne répond plus

Après avoir démarré en trombe l’année 2022, l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) est confronté à la plus grande crise de carburant jamais connue dans le secteur aérien sénégalais.

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Mis à jour le 29 avril 2022 à 15:27

Vérification et entretien d’un appareil à l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, en mai 2020. © JOHN WESSELS/AFP

« Refuelling ». Derrière cet anglicisme utilisé par les professionnels se dissimule le dossier le plus sensible que le secteur aérien sénégalais ait eu à gérer depuis l’entrée en service de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), en décembre 2017. Depuis une dizaine de jours, en effet, les cuves de kérosène crient famine. Une pénurie à l’issue encore incertaine mais déjà lourde de conséquences pour la vingtaine de compagnies concernées. « C’est du jamais-vu », témoigne un pilote qui a commencé sa carrière en 1993 et vole désormais sur Air Sénégal.

L’année 2022 avait pourtant bien commencé pour l’aéroport international implanté à Diass, à 45 km de la capitale. Au premier trimestre, plus de 210 000 passagers ont en effet arpenté les couloirs de l’AIBD, soit le double du trafic passagers au premier trimestre de 2021 – et, surtout, un chiffre en hausse de 1,89 % par rapport à la même période en 2019. Et ce, alors même que l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA) ne prévoit pas, à l’échelle globale, de retour aux niveaux pré-Covid 19 avant la fin de 2023.

Le Sénégal avait donc réussi l’exploit de booster son trafic malgré la situation difficile vécue par certaines compagnies importantes pour son activité, comme Royal Air Maroc (-32 % de passagers enregistrés à l’AIBD par rapport à 2019) ou Iberia, passée sous la barre des 10 000 passagers trimestriels à Dakar depuis la pandémie.

Une crise qui laissera des traces