Économie

Sénégal : à l’aéroport de Dakar, le kérosène ne répond plus

Après avoir démarré en trombe l’année 2022, l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) est confronté à la plus grande crise de carburant jamais connue dans le secteur aérien sénégalais.

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Mis à jour le 5 septembre 2022 à 16:58

Vérification et entretien d’un appareil à l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, en mai 2020. © JOHN WESSELS/AFP

« Refuelling ». Derrière cet anglicisme utilisé par les professionnels se dissimule le dossier le plus sensible que le secteur aérien sénégalais ait eu à gérer depuis l’entrée en service de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), en décembre 2017. Depuis une dizaine de jours, en effet, les cuves de kérosène crient famine. Une pénurie à l’issue encore incertaine mais déjà lourde de conséquences pour la vingtaine de compagnies concernées. « C’est du jamais-vu », témoigne un pilote qui a commencé sa carrière en 1993 et vole désormais sur Air Sénégal.

L’année 2022 avait pourtant bien commencé pour l’aéroport international implanté à Diass, à 45 km de la capitale. Au premier trimestre, près de 580 000 passagers ont en effet arpenté les couloirs de l’AIBD, soit 25% de trafic passagers en plus qu’au premier trimestre de 2021 – et, surtout, une fréquentation en hausse de 1,89 % au mois de mars par rapport à la même période en 2019. Et ce, alors même que l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA) ne prévoit pas, à l’échelle globale, de retour aux niveaux pré-Covid 19 avant la fin de 2023.

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Le Sénégal avait donc réussi l’exploit de booster son trafic malgré la situation difficile vécue par certaines compagnies importantes pour son activité, comme Royal Air Maroc (-32 % de passagers enregistrés à l’AIBD en mars par rapport à mars 2019) ou Iberia, passée sous la barre des 10 000 passagers mensuels à Dakar depuis la pandémie.

Une crise qui laissera des traces