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Politique

[Fact-Checking] Mali : les drones français avaient-ils le droit de survoler Gossi ?

Les autorités maliennes et l’état-major français donnent des versions opposées du survol de Gossi. Jeune Afrique a vérifié les faits.

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Mis à jour le 29 avril 2022 à 18:30

Des soldats français de l’opération Barkhane installent une base d’opérations temporaire alors qu’ils quittent Gossi, le 18 avril 2022. © PAUL LORGERIE/REUTERS

Coup de tonnerre dans le ciel malien et nouvelle passe d’armes entre Paris et Bamako. Mercredi 27 avril, le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement de transition, a accusé « certains vols d’avions de renseignements et de drones » français, de s’être « livrés » ces derniers mois, à des « activités considérées comme de l’espionnage, de l’intimidation et de la subversion ». 

Selon la junte, la France a « violé l’espace aérien malien alors même qu’au début de l’opération Kélétigui, lancée fin 2021, l’armée de l’air malienne a instauré une zone d’interdiction temporaire [de survol]  » sur une partie du territoire pour « sécuriser l’espace aérien » et « garantir la liberté d’action des Fama en opération ».

Ces accusations interviennent seulement quelques jours après que l’armée française a dénoncé une mise en scène par les mercenaires de Wagner, d’un prétendu charnier laissé qu’elle aurait laissé derrière elle après avoir céder sa base de Gossi.

Dans ce contexte tendu, la riposte de la France aux déclarations d’Abdoulaye Maïga ne s’est pas faite attendre. « On se perd dans des notions d’espionnage et de violation de l’espace aérien, alors qu’à Gossi, il s’est déroulé un crime de guerre », a dénoncé le colonel Pascal Ianni, le porte-parole de l’état-major français, lors d’un point presse convoqué pour l’occasion jeudi 28 avril, réfutant que le survol de cette base ait été « illégal ». Qu’est-il réellement ?

Zone d’interdiction temporaire