Politique

État de siège en RDC : Félix Tshisekedi a-t-il tenu ses promesses ?

En instaurant l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri en mai 2021, Félix Thisekedi s’engageait à éradiquer la violence dans l’Est. Mais un an plus tard, les résultats de cette mesure sont très mitigés. Bilan en infographies.

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Mis à jour le 6 mai 2022 à 11:26

© Photomontage JA/REUTERS/Goran Tomasevic

Le 30 avril 2021, Félix Tshisekedi annonçait en conseil des ministres l’instauration, dès le 6 mai suivant, d’un « état de siège » dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Cette mesure d’exception aux contours flous prend alors politiques et diplomates de court. La Monusco, plus grande mission de maintien de la paix de l’ONU, présente en RDC depuis 1999, n’a pas non plus été prévenue.

Deux ordonnances sont signées par le président dans la foulée, qui définissent les modalités de cette opération. Pour tenter de ramener la paix dans l’est de la RDC, une région en proie à la violence depuis trente ans et où, début 2021, sévissaient 122 groupes armés, les deux provinces vont être administrées par des officiers de l’armée et par la police avec de larges prérogatives, et ce, pour une durée de trente jours.

Deux fois plus de morts en un an

Trois cents-soixante-cinq jours et vingt-trois prorogations plus tard, le président a-t-il tenu sa promesse ? Peu semblent de cet avis, à commencer par la commission défense de l’Assemblée nationale, qui a dénoncé dès septembre une mesure prononcée « sans planification d’actions stratégiques, sans un montage financier conséquent et cohérent et sans définition d’objectifs militaires ». Dans l’arène politique comme sur la place publique, les critiques se sont multipliées au fil des mois.

Il faut dire qu’en un an, le nombre de morts lors d’attaques a plus que doublé dans la région, selon le Baromètre sécuritaire du Kivu. Aucun groupe armé n’a été démantelé. Pis : les Forces démocratiques alliées (ADF) ont étendu leur zone d’influence et le M23, pourtant défait depuis 2013, est de nouveau actif dans le Nord-Kivu.

Les consultations entamées entre le gouvernement congolais et les groupes armés à Nairobi, fin avril, sont-elles un aveu d’échec ? À l’issue d’une réunion organisée par le gouvernement, mercredi 4 mai, lors de laquelle le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a fait le compte-rendu de sa dernière mission d’évaluation dans les deux provinces, le président a annoncé dans la nuit la tenue d’une table ronde sur l’état de siège, mais sans plus de précisions. Que disent les chiffres ? Décryptage en infographies.