Politique

Réélection d’Emmanuel Macron : ce qu’il envisage pour l’Afrique

Avant son investiture, le 13 mai, le président français travaille à une réorganisation de son dispositif diplomatique. Avec une attention particulière portée au continent et à sa cellule africaine, dirigée par Franck Paris.

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Mis à jour le 28 avril 2022 à 11:58

Le président Emmanuel Macron, à Paris, le 27 avril. © David Niviere/POOL/REA

Réélu pour un second quinquennat le 24 avril, Emmanuel Macron sera officiellement de nouveau investi avant le 13 mai. Ses équipes diplomatiques, elles, sont déjà en train de plancher sur la poursuite de sa politique africaine, dont un des objectifs affichés est de renouveler les relations entre la France et les pays du continent. Pour la mener, le chef de l’État s’était jusqu’à présent appuyé sur Franck Paris, son conseiller Afrique, et l’adjointe de celui-ci, Marie Audouard. Poursuivront-ils leur mission lors de ce nouveau mandat ?

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Nouveau ministère

Selon nos informations, il ne leur a pas encore fait part de son choix de renouveler, ou non, sa cellule Afrique. En attendant, les spéculations vont bon train sur les futurs pensionnaires du 2, rue de l’Élysée, certains plaidant pour un renouvellement, d’autres pour y conserver une forme de continuité.

En coulisses, une réorganisation du dispositif diplomatique d’Emmanuel Macron est à l’étude. En raison de la guerre en Ukraine, qui occupera largement le ministère des Affaires étrangères dans les mois – voire les années – à venir, la création d’un nouveau portefeuille ministériel consacré aux partenariats et à la mondialisation est sérieusement envisagée. Celui-ci, qui serait placé sous la tutelle du Quai d’Orsay, ne serait pas dédié exclusivement à l’Afrique mais le continent y occuperait, de fait, une large place. Son but, entre autres : continuer la mise en œuvre du discours de Ouagadougou, en 2017, qui constitue une sorte de feuille de route de la politique africaine du président français.

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« L’idée n’est pas de créer un nouveau ministère de la Coopération ou du Développement, qui sont des expressions datées et qui seront mal reçues, mais de mettre en place un portefeuille chargé de gérer les enjeux liés à la mondialisation et de réfléchir aux interdépendances que nous souhaitons bâtir dans des domaines divers comme la santé, l’énergie, le climat, l’alimentation… », explique une source élyséenne.

Une fois réinvesti, Emmanuel Macron fera très probablement son premier déplacement à l’étranger en Allemagne, pour y rencontrer le chancelier Olaf Scholz. Il devrait ensuite rendre visite, comme le veut la coutume, à des soldats français en opération extérieure. Plusieurs options sont encore sur la table pour ce voyage, qui devrait se tenir avant le premier tour des élections législatives françaises, le 12 juin. Parmi elles : l’Europe de l’Est, auprès des forces déployées dans le cadre de l’OTAN dans le contexte de la guerre en Ukraine, mais aussi le Niger, nouvel épicentre de la présence militaire française au Sahel depuis le départ de la force Barkhane du Mali.