Économie

Afrique de l’Ouest : pourquoi la BCEAO s’intéresse aux fintech

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest annonce la création d’un Bureau de connaissance et de suivi des FinTech (BCSF). Son objectif : encourager l’innovation financière.

Mis à jour le 26 avril 2022 à 12:40

Le siège de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Bamako, en juin 2019. © Vincent Fournier/JA

Dans un communiqué publié le 22 avril, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé la création d’un Bureau de connaissance et de suivi des fintech (BCSF). Selon l’institution émettrice des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), il s’agit d’une « initiatives en faveur de la promotion des innovations financières ».

La banque centrale entend organiser « des échanges entre le régulateur et les acteurs de la fintech », devenus « incontournables dans la transformation numérique et la promotion de l’inclusion financière en Afrique« . Le BCSF est notamment chargé de recueillir et de traiter toute information sur les innovations technologiques et la régulation du secteur financier.

Le recensement réalisé fin 2021 dans l’Uemoa montre que ces start-up interviennent principalement dans la fourniture de moyens et services de paiement, tels que la distribution de monnaie électronique, le transfert d’argent et l’agrégation de paiement. Elles proposent également des plateformes numériques pour le commerce électronique, la gestion de données et de flux financiers.

Le Sénégal en avance

En plein essor sur le continent, la fintech représente le secteur qui a capté le plus d’investissements avec 63 % des fonds injectés dans les start-up africaines en 2021. Dans la zone Uemao, au Sénégal plus précisément, Wave a réalisé une levée de fonds record de 200 millions de dollars en septembre 2021.

Cette fintech opérant sur plusieurs marchés de la zone est devenue la première structure non bancaire et non opérateur de télécommunications, à obtenir une licence d’Établissement de Monnaie Électronique (EME), lui permettant de proposer ses propres services financiers sans passer par des intermédiaires.

Transfert d’argent

C’est justement  en Afrique de l’Ouest où le mobile money connait sa plus forte croissance avec 293 milliards de dollars échangés en 2021 – soit une hausse de 60 % par rapport à 2020, selon le dernier rapport de GSMA. Le nombre de comptes actifs y est en hausse de 17 % pour atteindre un total de 58 millions, tout comme le nombre d’opérations (93 milliards) en hausse de 27 %.

Publiée fin octobre 2021, une autre étude réalisée par Africa Fintech Forum (AFF), Deloitte Afrique francophone et MicroSave Consulting (MSC) passait au crible le secteur de la fintech en Afrique francophone. Cette enquête confirme que les activités de ces start-up se concentrent notamment sur le transfert d’argent : ainsi en Côte d’Ivoire, environ 95 % des solutions apportées par les fintech sont liées aux paiements numériques et au transfert d’argent.

En Afrique de l’Ouest, le Sénégal et la Côte d’Ivoire se démarquent nettement de leurs voisins dans un paysage en pleine expansion. Du côté du Sénégal, la fintech représente 89 % des start-up technologiques. Contrairement à la Côte d’Ivoire où près de 60 % des start-up sont encore en attente de financement ou en phase de création, les fintech sénégalaises sont dans une phase de développement avancée avec 33 % d’entre elles en phase d’expansion et 22 % en phase de croissance.